Grèce : pourquoi l'Eurogroupe ne débloquera pas la tranche d'aide de 31 milliards d'euros aujourd'hui

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Athènes a pris des mesures d'économies, voté son budget et la troïka a commencé à communiquer sur son rapport, mais plusieurs pays ont besoin de l'accord de leur parlement pour voter le déblocage de la tranche d'aide qui devait initialement être versée en juin. Problème : le 16 novembre prochain, 5 milliards d'euros de bons du Trésor grec arrivent à échéance.

Le vote d'un nouveau budget par Athènes était une condition nécessaire au déblocage d'un prêt de 31,2 milliards d'euros. Elle ne sera vraisemblablement pas suffisante. En tout cas pas dans l'immédiat. Dimanche soir, le Parlement grec a bien voté le projet de budget 2013 qui, au prix de douloureuses baisses des dépenses et de nouvelles hausses d'impôts, devrait permettre au déficit budgétaire de tomber à 5,2% du PIB en 2013.

Des délais trop serrés

Mais les délais pour libérer dès ce soir la tranche d'aide bloquée depuis juin dernier sont de toute évidence trop serrés. Certes - et contrairement à ce que prédisait le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble dans un entretien à l'édition dominicale de Die Welt - la troïka a terminé son rapport à temps, (même si la version définitive ne serait pas encore disponible) pour le sommet de l'Eurogroupe. En revanche, plusieurs pays comme l'Allemagne, les Pays-Bas ou la Slovaquie, ont besoin d'obtenir l'accord de leur Parlement pour voter le déblocage de la nouvelle tranche d'aide. Tout dépend donc de la vitesse avec laquelle les parlementaires examineront le rapport de la troïka.

Petits arrangements entre amis pour éviter un défaut le 16 novembre prochain

Le problème est que le 16 novembre prochain, la Grèce doit rembourser 5 milliards d'euros de Bons du Trésor. «Ces titres sont détenus par des banques grecques qui les ont déposés auprès de la BCE pour obtenir des liquidités», explique l'économiste de Natixis, Alan Lemangnen. Pour lui, «il y a de fortes chances que la BCE accepte de «rouler» la maturité de ces emprunts», autrement dit de remettre à plus tard sa demande de remboursement. «Ce soir, l'Eurogroupe devrait reconnaître que la Grèce a fait des efforts d'économies suffisants et que son budget est de nature à lui permettre de respecter ses engagements, ce qui ouvrirait la voie à une extension de la maturité des titres en question par la BCE», avance Alan Lemangnen.

A plus long terme, quelles solutions pour la Grèce ?

Reste à savoir quelles solutions peuvent être mises en ?uvre pour rendre la dette grecque soutenable. C'est ce qui occupera les ministres des Finances européen ce soir. La dette atteindrait 189% du PIB en Grèce en 2013, selon les estimations les plus récentes. En mars, ce ratio ne devait être «que» de 164%. On estimait en outre que la Grèce pourrait revenir se financer sur les marchés obligataires en 2015... Cela paraît désormais extrêmement improbable.

Les pays de la zone euro accepteront-ils de donner deux ans de plus à la Grèce? La troïka et la majorité des Etats membres de la zone euro travaillent sur cette hypothèse. La Grèce aurait alors jusqu'en 2016 pour ramener son déficit public sous 3% et porter son excédent primaire à 4,5%. Cela entraînerait néanmoins des coûts supplémentaires de 15 à 30 milliards d'euros pour les pays de la zone euro, ce que l'Allemagne, les Pays-Bas ou encore la Finlande auront du mal à accepter.

Quant à l'idée d'une nouvelle restructuration qui impliquerait les créanciers publics de la Grèce, elle ne passe toujours pas.  Samedi, dans un entretien accordé au Rheinische Post, le président de la Banque centrale allemande, Jens Weidmann, s'est dit opposé à un effacement de la dette grecque par les pays créanciers.

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Commentaires
a écrit le 13/11/2012 à 6:39 :
LA GRECE N'A PAS BESOIN D'ARGENT DE L'EUROPE. SI C'EST ENCORE POUR CONSTRUIRE DES CIRCUITS F1....
a écrit le 13/11/2012 à 5:07 :
Être oú ne pas être Grec ? Soumettre à un référendum européen ? Soumettre aussi les autres ?
a écrit le 12/11/2012 à 19:42 :
Qui a épluché les comptes de la Grèce pour qu'elle puisse entrer dans la zone Euro . Cette même agence de
notation qui tire à boulet rouge sur la zone Euro . Il n' avait plus qu'a activer le virus et le tour est joué
L' Euro ne gènera plus le dollar......C'est sans compter sur le big bang économique mondial qui va se produire .
Et après, il faut voir les taux d'empruns (Grèce, Espagne et Italie) ?
a écrit le 12/11/2012 à 19:03 :
Qui peut croire un instant que les Grecs rembourseront un jour? Monsieur Weidmann peut bien sauter sur son siège et bramer "Pas d'effacement, pas d'effacement, pas d'effacement etc.." les Grecs ne pourront jamais rembourser et si on continue à les pressurer, ça finira par exploser en Grèce et là le problème sera d'autant plus ardu à régler et risque de coûter encore plus cher. Il cherchent quoi les Allemands? La guerre, encore?
Réponse de le 12/11/2012 à 19:26 :
JB38, l'intolérant avec ses opposants qui déteste les Allemands, la Russie, les US, le Ru, mais qui adorent la Corée du Nord et Cuba, ne cesse de nous fatiguer avec ses commentaires hors sujet et sectaires, comme tout bon idéologue de gauche. Sur ce, bonne soirée.
a écrit le 12/11/2012 à 18:28 :
c'est à rien y comprendre! il serre de plus en plus la ceinture des pauvres petits grecs mais la dette ne cesse d'augmenter et la faillite à 2 pas! j'spère que merkel ne cèdera pas parce que flanby dit amen à tout lui
Réponse de le 12/11/2012 à 19:38 :
C'est au contraire tout à fait logique, c'est ce qu'on appelle l'effet multiplicateur de Keynes : plus on coupe dans les dépenses et dans les salaires, plus on enlève du pouvoir d'achat et de la consommation. Et par conséquent, on rentre moins de recettes liées à la fiscalité directe et indirecte (impôts et TVA). Ce que tente de faire la Troïka (et c'est un pari stupide qui montre depuis 6 ans que ça ne marche pas), c'est de dégager un excédent primaire suffisant (sur le budget avant service de la dette) pour permettre de commencer à rembourser la dette. Le problème majeur de cette méthode, c'est l'appauvrissement généralisé de la population qui conduit à une émigration massive (dans le cas du Portugal par exemple, où les portugais émigrent dans les anciennes colonies : Brésil, Angola...) et à une démonétarisation de l'économie (cas de la Grèce, où de plus en plus, la population en vient à utiliser le troc à la place de l'argent). Et tout ça pour sauver une monnaie qui est, de toutes façons, amenée à disparaitre au regard de la théorie des zones monétaires optimales.
a écrit le 12/11/2012 à 18:13 :
Ceux qui ont prêté à la Grèce sont soit des incapables, soit des escrocs.
Mais ils occupent toujours les mêmes sièges.
Et, sans doute pour pouvoir provoquer toujours plus de catastrophes en assumant toujours moins de responsabilités, ils réclament toujours plus de "libéralisme".
a écrit le 12/11/2012 à 18:01 :
Allemagne : 1er contributeur, France : 2ème contributeur en faillite !
a écrit le 12/11/2012 à 17:18 :
leur avenir est entre leurs mains, qu'ils se debrouillent tt seuls, ce ramassis de tricheurs patentes; meme pdt leur sauvetage ils ont magouille tout leur saoul! a en faire palir les francais !
a écrit le 12/11/2012 à 17:11 :
C'est en réalité la Grèce qui nous tient car elle attend que nous ayons encore versé et versé pour se déclarer en faillite et ainsi effacer l'ardoise. Nous n'aurons que nos yeux d'européens pour pleurer et les dirigeants qui auront pris ces décisions néfastes ne seront plus au pouvoir pour répondre de leur "crime".
a écrit le 12/11/2012 à 15:10 :
Si la Grèce fait défault, ce qui semble plus que probable, à termes, la Grèce aura besoin de sortir de l'Euro. Un pays souverain ne peut pas faire défault sans contrôler sa monnaie. Lorsque la Grèce aura sa propre monnaie, elle pourra repartir du bon pied, avec de nouvelles base, et connaîtra un taux de croissance de l'ordre de 5% à 10% pendant 15 ans. De quoi donner à d'autre pays de la zone Euro une sérieuse envie de reconsidérer leur appartenance à la zone monétaire... Bref, le début de la fin.
Réponse de le 12/11/2012 à 19:38 :
A moins que l'Europe s'amuse avec l'extrême droite grecque et ce serait un jeu d'enfant Résultat aucun autre pays n'aurait l'envie de " de reconsidérer son appartenance à la zone monétaire". .
Réponse de le 13/11/2012 à 11:02 :
L'envie d'appartenance à une zone monétaire n'a rien à voir là dedans. C'est un choix politique alors qu'il devrait être économique. L'UE n'étant pas une zone monétaire optimale, l'avoir créé et l'entretenir à tout prix (misère des peuples) et une crétinerie sans nom car les conditions ne sont pas réunies pour que ça fonctionne.
a écrit le 12/11/2012 à 14:33 :
Dette publique de la Grèce :

2012 : dette publique de 175,6 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec. La dette augmente, augmente encore, augmente toujours, alors que le premier défaut de paiement de la Grèce a effacé 107 milliards d'euros de dettes.

2013 : dette publique de 189,1 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.

2015 : dette publique de 207,7 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.

2016 : dette publique de 220,4 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.

Conclusion :

La Grèce va faire défaut, pour la deuxième fois en quelques mois.

Mais cette fois, ce sont les contribuables de la zone euro qui vont directement payer des dizaines de milliards d'euros.

Contribuables de la zone euro, préparez vos chéquiers.

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