Le Bundestag approuve l'accord sur la Grèce sans conviction

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Le parlement allemand a donné son accord par 473 voix contre 100 aux décisions de mardi dernier. Angela Merkel a encore dû renoncer à sa "propre" majorité pour valider sa politique européenne.

L'obstacle du Bundestag est passé pour le nouvel accord sur la Grèce. Le parlement allemand a donné son feu vert à l'accord trouvé mardi matin par les pays membres de la zone euro sur les nouvelles mesures à la république hellénique. 473 députés ont voté en faveur de cet accord, 100 ont voté contre et 11 se sont abstenus.

Une majorité pas si large

A priori, le gouvernement n'a donc guère eu de difficulté à faire passer ce texte. La majorité absolue au Bundestag est en effet de 311 voix. Mais la majorité n'est pas si larrge qu'on pourrait l'escompter. Le nombre des députés absents est d'abord plus important qu'auparavant : 36 d'entre eux ne se sont pas déplacés dans l'hémicycle pour participer au vote. Par comparaison, en février 2012, l'accord du Bundestag au deuxième plan de sauvetage de la Grèce avait obtenu 401 voix et 90 contre, 23 députés de plus avaient alors voté. En juin dernier, le Bundestag avait ratifié le MES par 497 voix pour, 101 contre et 5 abstention.

L'opposition reste stable

La preuve semble donc faite que, sur la question européenne, Angela Merkel ne dispose pas de majorité sans l'appui du centre-gauche. Encore une fois, il aura manqué 14 voix à la coalition de la chancelière pour atteindre la majorité absolue. 22 membres de la coalition, 10 chrétiens-démocrates et 12 libéraux ont voté contre l'aide. Grosso modo, avec les 76 députés du parti de gauche Die Linke et les dissidents du camp Merkel, l'opposition à la politique européenne du gouvernement reste stable. 

Merkel sera prudente

Il n'en demeure pas moins qu'Angela Merkel doit encore être convaincue qu'elle ne doit pas aller trop loin dans le soutien à la Grèce et au reste de la zone euro avant les élections de septembre 2013. Si elle ne peut prendre le risque de voir la zone euro éclater et ainsi mettre au grand jour les erreurs de sa politique européenne depuis 2010, elle ne pourra pas accepter un nouveau pas, comme l'annulation des dettes publiques de la Grèce. Pourtant, cette annulation a été au coeur du débat au Bundestag et semble inévitable à beaucoup, y compris de plus en plus de membres de la majorité.
 

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Commentaires
a écrit le 30/11/2012 à 17:07 :
On nous parle tout le temps de l?engagement allemand. Mais n?oublions pas que celui de la France est presque aussi important (20,6% du risque). En définitive, cela représente environ 50 milliards d?euros, soit près de 1000 euros par habitant, que les Français devront payer si la Grèce, comme cela est maintenant très probable, fait défaut.

Mais le pire, c?est que ce défaut épongé par le contribuable ne servira à rien puisque les dirigeants européens se refusent totalement à admettre que la seule solution est la sortie de l?euro de ce pays. Seule solution en effet pour lui permettre de redémarrer sa production locale, de relancer le tourisme, etc, etc?

Un gâchis immense causé par l?entêtement des chefs d?Etat et des faiseurs d?opinion.

Au même moment où la France débat sur le fameux choc de compétitivité, on apprend que Renault, entreprise dont l?Etat est actionnaire, se livre à un chantage social ahurissant en Espagne et en France. Pendant ce temps, Volkswagen prévoit des milliards d?investissement sur le sol allemand.

Le seul véritable choc de compétitivité à même de sauver notre industrie est, bien sûr, la dévaluation compétitive ou plus exactement la réévaluation de la monnaie allemande. Cela, bien sûr, passe par le démontage organisé et raisonnable de l?euro. Tout le reste n?est que littérature.

Réponse de le 25/09/2014 à 16:48 :
Eh oui, la Chine introduit Ali baba à Wall-Street mais l'Europe est vassalisee au GAFAT...A qui la faute ?
a écrit le 30/11/2012 à 15:56 :
De toutes façons la spirale infernale est engagée. Rien ne devrait l'arrêter.

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