Taux : l'Espagne craint la contagion italienne

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Le gouvernement espagnol continue à étudier la possibilité d'une aide internationale, a déclaré lundi le ministre de l'Economie, Luis de Guindos, ajoutant que Madrid risquait de souffrir de l'impact des incertitudes politiques en Italie.

La décision de Mario Monti, le président du conseil italien, de présenter la démission de son gouvernement sitôt le budget 2013 adopté au parlement n'a pas seulement provoqué des tensions sur la dette italienne et à la Bourse de Milan. Les taux espagnols et la Bourse de Madrid ont également accusé le coup. Lundi, l'écart de rendement entre les obligations d'Etat espagnoles et allemandes à dix ans s'est creusé de 10 points de base, à 426 points de base. Il reste toutefois loin du record de plus de 650 points inscrit en juillet.

L'Espagne envisage (toujours) de demander une aide internationale

Le gouvernement espagnol continue à étudier la possibilité d'une aide internationale, a déclaré lundi le ministre de l'Economie, Luis de Guindos, ajoutant que Madrid risquait de souffrir de l'impact des incertitudes politiques en Italie. Les marchés attendent de l'Espagne une décision sur une éventuelle demande d'aide financière internationale pour soulager les finances de l'Etat. Une telle demande déclencherait la mise en oeuvre des OMT (opérations monétaires sur titres), le mécanisme de rachat d'obligations souveraines mis en place par la Banque centrale européenne (BCE) mais conditionné à une demande d'aide du pays concerné. "Il s'agit d'un instrument que le gouvernement espagnol prend en considération et nous prendrons la décision qui est la meilleure pour l'Espagne", a assuré Luis de Guindos. El Pais, le quotidien le plus vendu du pays, appelle lundi dans son éditorial le président du gouvernement, Mariano Rajoy, à cesser de tergiverser sur ce point. "Repousser une demande d'intervention de la Banque centrale européenne sur le marché revient à condamner l'économie à une récession prolongée qui se traduira malheureusement par une forte hausse du chômage", estime le journal. Pour El Pais, la détente récente des rendements obligataires espagnols est un "mirage". "Si la prime de risque n'est pas rapidement réduite (...), la défiance des marchés envers l'Espagne persistera et la récession sera incertaine et tardive", juge l'éditorial.

Tension sur les taux espagnols

Le rendement des emprunts espagnols à dix ans a terminé la journée à 5,56%, contre 5,45% vendredi, tandis que la Bourse de Madrid a cédé 0,56%. "Chaque fois qu'il y a des doutes [...] par exemple dans le cas de l'Italie aujourd'hui, quand il y a des incertitudes sur la stabilité politique d'un pays voisin comme l'Italie, cela nous affecte immédiatement", a expliqué Luis de Guindos dans un entretien à une radio publique espagnole.

Un risque limité, selon les analystes

Les analystes jugent toutefois faible le risque à court terme encouru par l'Espagne en raison de l'instabilité italienne. "Le risque est très limité à cause du programme d'achats d'obligations (annoncé par) la BCE. On ne va pas assister à une envolée des taux d'intérêt comparable à celle qu'on a connue avant l'été mais il y aura à l'évidence des tensions qui se traduiront peut-être par une demande plus faible lors des prochaines adjudications obligataires", explique Jose Luis Martinez, économiste de Citigroup, à Reuters.

Adjudication de dette mardi

Reste à savoir comment se déroulera l'adjudication de dette de mardi. Le Trésor espagnol doit mettre à prix jeudi des obligations à très long terme (28 ans), une échéance longue à laquelle il ne s'était pas risqué depuis au moins deux ans.

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Commentaires
a écrit le 11/12/2012 à 6:15 :
l'Espagne craint la contagion italienne, l'Italie craint la contagion espagnole, la Belgique craint la contagion greque, etc., etc., La France craint la contagion tout court.
Et les déséquilibres des balances commerciales en general mais surtout l'excédent commercial de l'Allemagne, cause de tous les problèmes, personne ne s'en soucie.
Bizarre!

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