L'Etat italien rembourse 40 milliards d'euros de dettes à ses fournisseurs !

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Mario Monti, chef du gouvernement italien; Copyright Reuters
Mario Monti, chef du gouvernement italien; Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Un décret adopté ce 6 avril en Italie va permettre à l'Etat de rembourser 40 milliards d'euros de dettes à ses fournisseurs. L'opération durera 12 mois. Une mesure très attendue par les 215.000 entreprises concernées, dont l'arriéré moyen s'élève à 422.000 euros. Cette décision de Mario Monti a fait consensus dans la pourtant très divisée classe politique italienne.

 Afin de relancer une économie en pleine récession, l'Etat italien va rembourser une partie de sa dette colossale à l'égard de ses fournisseurs, soit 40 milliards, une mesure très attendue par des entreprises privées aux abois.

40 milliards remboursés sur une dette totale de 80 milliards

"L'Italie a approuvé aujourd'hui un décret urgent pour payer les dettes du secteur public", a déclaré ce samedi 6 avril à Rome le chef du gouvernement Mario Monti. Au total ce sont donc 40 milliards d'arriérés qui seront remboursés dans les douze prochains mois. En terme de retards mis par l'Etat à payer ses fournisseurs, "l'Italie se trouve dans la même situation et même légèrement pire que le Portugal, l'Espagne ou la Grèce, et nettement pire que la Grande-Bretagne, l'Allemagne ou la Finlande", a reconnu Mario Monti. "Celà signifie un coût pour le monde des affaires et pour le pays tout entier. C'est vraiment une situation inacceptable", a-t-il ajouté. Le montant des dettes accumulées par les administrations italiennes s'est élevé dans le passé à 61 milliards d'euros, pour grimper à 74 milliards fin 2010 et 80 milliards fin 2011, a précisé l'ex-commissaire européen lors d'une conférence de presse. De l'avis général, le remboursement, ne serait-ce que partiel de ces arriérés peut apporter un ballon d'oxygène à une économie plongée dans une longue et profonde récession (-2,4% en 2012) et où le crédit s'est raréfié ces derniers mois. Le nouveau Parlement avait donné son feu vert cette semaine à des mesures de déblocage des paiements.

Un dossier qui fait consensus dans une classe politique divisée

Ce dossier est l'un des rares à faire consensus au sein d'une classe politique qui se déchire depuis les élections législatives de février, se montrant incapable de former un gouvernement pour succéder à Mario Monti, à la tête de l'Italie depuis novembre 2011. Le "Professore" a été salué par ses partenaires européens pour avoir rétabli la crédibilité de son pays et commencé à remettre en ordre les comptes publics, mais il est critiqué pour une politique d'austérité qui a plongé le pays dans la récession. "Il ne s'agit pas d'un changement de politique", a toutefois souligné Mario Monti précisant que ces remboursements n'auraient pas pu intervenir dès l'automne dernier, comme certains le prétendent. "Ce n'était pas possible à ce moment-là", a-t-il expliqué car l'assouplissement des critères européens en matière de décompte des déficits et de la dette n'était pas encore intervenu. "Nous aurions dépassé les 3% de déficit", a-t-il dit. La barre des 3% reste "infranchissable", a répété le ministre de l'Economie Vittorio Grilli, alors que Rome table sur un déficit 2013 de 2,9% (remboursements compris).

Une mesure attendue par les entreprises

Cette mesure était très attendue par les entreprises. Depuis début 2012, plus d'une vingtaine d'entrepreneurs se sont suicidés, victimes de la crise et étranglés par leurs dettes, notamment vis-à-vis du fisc. "Il y a un sentiment de désespoir chez tant d'entrepreneurs. Il faut un signal fort pour envisager une relance de l'économie réelle", avait lancé mercredi le président de la principale organisation patronale Confindustria, Giorgio Squinzi. Selon Unimpresa, une autre fédération professionnelle, plus de 215.000 entreprises sont concernées et le montant moyen des arriérés s'élèverait à 422.000 euros. L'annonce a été saluée par l'Association des banques italiennes, qui voit dans ces remboursements "un préalable nécessaire et urgent à la reprise de l'économie et de l'emploi". Mais elle est encore insuffisante selon une autre confédération d'entrepreneurs, Rete Imprese Italia. "Le gouvernement n'a pas encore compris que les entreprises du secteur tertiaire, de l'artisanat sont au bord de la faillite", a déclaré son président Carlo Sangalli qui réclame le déblocage immédiat des fonds et un assouplissement des formalités pour obtenir les remboursements. "C'est un dû", a commenté de son côté le président de l'Association des constructeurs, Paolo Buzzetti, qui a préconisé que Rome demande à Bruxelles de dépasser le seuil des 3% de déficit. Mais la marge de manoeuvre est très étroite pour l'Italie contre laquelle une procédure pour déficit excessif a été ouverte par Bruxelles en 2009. Mario Monti a déclaré miser sur une suspension de cette procédure "courant mai", mais pour être exaucé, le pays doit respecter tant les critères de déficit que de dette publique.

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Commentaires
a écrit le 07/04/2013 à 15:49 :
Heureusement en France les administrations payent rubis sur l'ongle.
a écrit le 07/04/2013 à 12:31 :
Hallucinant! On fait un barouf pourquoi? Parce que l'état paie ses fournisseurs à qui il doit de l'argent? Et encore seulement la moitié? C'est ça la relance? Le signal fort? Et ledit état ne pouvait le faire avant parce que les critères européens étaient indépassables? Mais de qui se moque-t-on? Et on osait parler de clowns pour les adversaires de Monti?
a écrit le 07/04/2013 à 11:31 :
Depuis des annees l'Etat italien se sert de ses fournisseur comme banquier, les mettant sur la paille les uns apres les autres. Monti s'etonne que les entreprises tombent en faillite et le chomage augmente. Les medias socialo-sponsorises n'y trouvent rien a dire.
Mais que ce crypto-communiste cesse de payer les fonctionnaires, meme pas avec un an de retard, mais juste un mois. Cela aiderait autrement l'Etat italien et peut-etre certains fonctionnaires partiraient ailleurs et on dimnuerait le deficit.
a écrit le 07/04/2013 à 11:21 :
Hallucinant! On fait un barouf pourquoi? Parce que l'état paie ses fournisseurs à qui il doit de l'argent? Et encore seulement la moitié? C'est ça la relance? Le signal fort? Et ledit état ne pouvait le faire avant parce que les critères européens étaient indépassables? Mais de qui se moque-t-on? Et on osait parler de clowns pour les adversaires de Monti?
a écrit le 07/04/2013 à 11:10 :
LOLESQUE CONFOND DETTES ET CREANCES....
C'ETAIT UNE DETTE DE L'ETAT, ET CELA RESTE UNE DETTE DE L'ETAT.
SEUL LE CREANCIER CHANGE..
a écrit le 07/04/2013 à 10:39 :
Superbe, on s'extasie quand le gouvernement décide de payer la moitié de ses dettes auprès de ses fournisseurs.
Je serais curieux de voir quel était le délai de paiement accordé initialement et quand sera payé la deuxième moitié des dettes.
Puisqu'il y a unanimité du monde politique à ce sujet, je vais proposer de payer mes impôts à ce rythme... juste pour voir.
a écrit le 07/04/2013 à 9:34 :
ON NE TIRE PAS SUR UNE ANBULANCE ils faut aide les artisants car ills font vivre beaucoup de gens
a écrit le 07/04/2013 à 4:17 :
Mario Monti de GS ne pouvais pas rembourser avant parce que il devais payer d'abord les banques.
a écrit le 06/04/2013 à 21:21 :
Monti il n'est pas le chef du gouvernement italien!
a écrit le 06/04/2013 à 21:03 :
enfin un responsable qui à la présence d'esprit "qui paye ses dettes s'enrichit"
a écrit le 06/04/2013 à 19:14 :
Comme l'Italie avec sa dette enorme va devoir tot ou tard etre secourue, ils ont raison mais ce n'est pas l'Etat Italien mais bien le contribuable Europeen qui va rembourser £ 40 000 000 000 de dette aux fournisseurs de l'Etat Italien. Ils ne sont pas fous nos amis transalpins, ils savent tres bien qu'ils sont trop gros pour que l'on leur fasse le coup de Chypre. Madame la Chanceliere va etre furieuse. Si maintenant un pays surendette rembourse ses dettes a ses fournisseurs comme si de rien etait avec de l'argent qu'il n'a pas, tout va pour le mieux en Europe.
a écrit le 06/04/2013 à 19:05 :
Incroyable de s'esbaudir du remboursement de moins de la moitié de la dette de l'Etat italien aux entreprises... et le reste ?
a écrit le 06/04/2013 à 18:19 :
Comme quoi, quand on veut on peut. C'est facile comme un décret...
Réponse de le 06/04/2013 à 19:01 :
Bien sûr que le politique à du pouvoir. Seulement ici il est légitime de se demander l'objectif réel de cette décision. Si je prend l'exemple de la BCE avec son LTRO qui à ouvert les vannes de crédit aux banques, banques censées réalimenter la machine « croissance » en établissement justement des prêts aux entreprises, il y'a de quoi rester hautement sceptique. Sans parler de la FED avec ses QE à répetition. Ce décret ne relancera certainement pas les investissements... Juste un cadeau à l'électorat PME/PMI afin qu'ils puissent mettre un peu de beurre dans leurs épinards... Ni plus ni moins.
a écrit le 06/04/2013 à 18:10 :
L'Italie est sur la bonne voie avec une balance commerciale positive de surcroit.
a écrit le 06/04/2013 à 17:39 :
Tour de pass-pass, ni vu ni connu je t'emboruille.
On rembourse une dette de 40 milliards aux entreprises en empruntant ces 40 milliards. Ainsi on continue le petit jeu de l'endettement?
A la remarque qu'ici on transfert les dettes privés vers le secteur public.
Ainsi on devine aisément qui va « in fine » rembourser ce tas de dette?
Réponse de le 06/04/2013 à 17:54 :
L'allemagne :)
Réponse de le 06/04/2013 à 19:02 :
L'allemangne d'une main... avec son autre main dans mon porte monnaie ;)
Réponse de le 06/04/2013 à 19:25 :
non, le peuple !
Réponse de le 06/04/2013 à 21:12 :
Je ne comprends pas votre remarque.
Qu'elles soient dues aux entreprises, ou bien qu'elles soient dues aux banques, la Dette en question est bien une dette de l'Etat , et donc des contribuables italiens. Cela ne change rien.
A part que ce n'est pas aux Entreprises à jouer le role des banquiers ! Le crédit fournisseur, ça les tue.
Et si l'Italie peut les emprunter à la BCE au taux le plus bas, c'est encore mieux !
Car dans cette histoire, il est idiot de comparer une Dette à un PIB ( grosse erreur de la pensée unique)..; Une Dette se compare à un Patrimoine.
Ce qui se compare à un PIB , ce sont le montant des échéances voire la quote part des intérêts.
Réponse de le 07/04/2013 à 2:36 :
La blablabla des incultes répétant tous les clichés des médias (qui font très bien les laveurs de cerveaux) sur l'économie allemande . La dette allemande est de loin la plus forte d'Europe, si l'Allemagne est tant impliquée que ça c'est simplement parce que les banques allemandes se sont faites des c....en or sur les endettements des autres pays de l'UE et par conséquent, c'est tout le système bancaire allemande qui est menacé. Le miracle allemand est du vent total basé sur un monopole obtenu en bonne partie grâce à la monnaie commune. Au vu de la configuration de l'UE, il ne peut y avoir qu'un seul "miracle économique" et c'est l'Allemagne puisque tout joue pour elle. Cependant, l'Allemagne connaîtra bientôt la récession et sera le pays le plus durement touché car son économie dépend de ses exportations. Les pays européens empruntent en très grande partie en Europe, c'est-à-dire que les créanciers sont près à faire couler le navire européen plutôt que de ne pas récupérer leur argent (qu'ils se sont fait sur le vol de vrais travailleurs). Mais continuez à soutenir les libéraux, c'est bien, il suffit de gagner 3000 ou 4000 euros par mois pour croire faire partie de l'élite alors que la plupart des gens se battent contre eux-mêmes. C'est d'un ridicule. Ce n'est pas un discours de gauche, juste du bon sens, chose que la plupart des gens d'aujourd'hui ont perdue. De toute façon, le système capitaliste est sur la fin, les économies occidentales sont toutes sur le point d'imploser totalement.
Réponse de le 07/04/2013 à 9:03 :
Le jour où l'Allemagne s'énerve, c'est la guerre mondiale.
Réponse de le 07/04/2013 à 10:01 :
transfère*
Réponse de le 07/04/2013 à 11:59 :
@lolesque, vous n'avec manifestement pas bien compris , relisez ou faites vous expliquer ...

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