Quelle "combinazione" pour élire le nouveau président en Italie ?

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Qui va remplacer Giorgio Napolitano au palis du Quirinal? Parmi les prétendants, Giorgio Amato, Massimo D'Alema, Romano Prodi ou encore Mario Monti. Copyright Reuters
Qui va remplacer Giorgio Napolitano au palis du Quirinal? Parmi les prétendants, Giorgio Amato, Massimo D'Alema, Romano Prodi ou encore Mario Monti. Copyright Reuters
Ce jeudi, les députés, les sénateurs, et les représentants des régions vont voter pour élire le onzième président de la république itailienne en remplacement de Giorgio Napolitano. Cette élection se déroule sur fond d'impasse politique, l'Italie n'ayant pas de gouvernement depuis les élections de février. Plusieurs candidats sont en lice.

En Italie, c'est ce jeudi que la présidente de la chambre des députes Laura Boldrini a convoqué les grands électeurs pour choisir un nouveau président de la république en remplacement de Giorgio Napolitano, dont le mandat prend fin officiellement le 15 mai. L'enjeu est d'autant plus important que ce dernier n'a pas réussi à trouver un Premier ministre susceptible de former un gouvernement depuis la tenue des élections parlementaires en février. Le nouveau président devra donc mettre tout son poids dans la balance pour éviter une crise politique dont on ne voit pas pour le moment l'issue.

Impossible de dissoudre l'assemblée pour le président sortant

Pour être élu, un candidat à la présidentielle doit recueillir une majorité des deux tiers de l'assemblée jusqu'au troisième tour, et une simple majorité suffira si un quatrième tour de scrutin est nécessaire.
Contrairement à la France, où le président est élu au suffrage universel, en Italie, ce sont la chambre des députés, le Sénat et les représentants des régions, soit un total de 1.007 grands électeurs, qui en cession conjointe vont voter, à bulletin secret, pour désigner le onzième président de la république italienne. Trois délégués de chaque région prennent part à l'élection (58).

Aucun accord entre centre-droit et centre-gauche

Pour éviter de se retrouver dans une nouvelle impasse politique, Pier Luigi Bersani, le leader du Parti démocratique (PD) (centre gauche), a rencontré le leader du Parti de la Liberté (centre droit), Silvio Berlusconi, pour négocier un éventuel candidat commun, mais aucun accord n'a été trouvé.

Les candidats probables à gauche se divisent en deux blocs.
Le premier est composé de Giuliano Amato (PD), ancien ministre, Massimo D'Alema (PD), ancien président du Conseil, et Mario Monti, président du Conseil sortant. Ces trois là sont favorables à un accord avec le centre droit et un gouvernement dirigé par Pier Luigi Bersani. Ce dernier soutient pour sa part également la candidature d'un ancien syndicaliste, Franco Marini.
Le deuxième bloc regroupe Romano Prodi, ancien président du Conseil, et Emma Bonino, ancienne ministre et ex-commissaire européen, qui refusent tout accord avec le centre-droit de Silvio Berlusconi.
Le leader du parti Mouvement 5 étoiles, Beppe Grillo, grand gagnant des dernières élections, refuse lui tout alliance avec les autres formations. Il présente un seule candidate, Milena Gabanelli, une journaliste d'investigation qui travaille pour la RAI.

Portrait des candidats

Giuliano Amato est un vieux militant socialiste. Il est surnommé le « Dottore Sottile », pour sa manière subtile de faire politique. Il a été deux fois Premier ministre. Vétéran de la politique italienne, il est considéré fréquemment comme incapable de renouvellement, un handicap, notamment aux yeux du Mouvement Cinq étoiles. Mais à ce jour, seule la Ligue du nord a rejeté sa candidature.
Massimo D'Alema est lui aussi un vieux routier de la politique italienne. Ancien membre dirigeant du parti communiste (PCI) et il a été président du conseil des ministres dans deux gouvernements successifs (1998-2000). Le parti de Beppe Grillo est clairement hostile à cette candidature.
Mario Monti. Premier ministre sortant, il gérait aussi le portefeuille de ministre de l'Economie et des Finances, une première dans l'histoire des gouvernements italiens. Selon Bersani, « Monti est un acteur à part entière du jeu politique italien, ce qui rend d'autant plus difficile sa candidature à la présidence de la République. »
Franco Marini est un ancien secrétaire de la CISL, le deuxième syndicat plus important en Italie, Il était président du sénat et aussi un chrétien démocratique. Matteo Renzi, maire de Florence a des doutes sur Marini, et enfin son âge élevé, 80 ans, est considéré comme un désavantage.
Romano Prodi a été président de la Commission européenne (1999-2004). Sur l'échiquier politique, il se place clairement au centre. Romano Prodi a fondé l'Ulivo ( le parti de l'Olivier), coalition de centre-gauche. Il bénéficie du soutien du PD, de certains membres du Mouvement Cinq étoiles. En revanche, il est sérieusement contesté par Silvio Berlusconi, qui a déclaré que si Prodi était élu, il serait préférable pour tous les Italiens de quitter le pays !
Emma Bonino est une ancienne militante des droits civils devenue commissaire européenne. Si le centre-droit la rejette, elle bénéficie de serieux soutiens à gauche. Selon Pier Luigi Bersani, elle est « une candidate exceptionnelle ». Mais ses batailles pour les droits de l'homme lui ont valu des inimitiés chez les responsables catholiques.

 

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