Au Portugal, l'austérité crée une instabilité politique qui déplaît aux marchés

 |   |  456  mots
Le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho lors de son intervention le 2 juillet 2013. Copyright Reuters
Le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho lors de son intervention le 2 juillet 2013. Copyright Reuters (Crédits : Reuters)
Au Portugal, la crise politique entraîne une chute de la Bourse de Lisbonne et une hausse importante du taux d'emprunt à dix ans, et fait refluer la valeur de l'euro.

Le Portugal tiendra-t-il sa politique d'austérité ? Alors que Vitor Gaspar, le ministre des Finances -"monsieur austérité"- qui incarnait la politique de dévaluation interne menée par le Premier ministre Pedro Passos Coelho a remis sa démission lundi soir, l'inquiétude monte au sein de la troïka (Banque centrale européenne, Union européenne et Fonds monétaire international) : Lisbonne irait-elle vers un adoucissement de sa politique ?

>> Le champion portugais de l'austérité démissionne

Surtout que le ministre des Affaires étrangères portugais Paulo Portas - qui préside le Parti populaire CDS-PP- a également annoncé qu'il souhaitait quitter ses fonctions, bien que sa démission ait par la suite été refusée par Pedro Passos Coelho. La raison de ces volontés de quitter le bateau? Une opposition non dissimulée à la politique de rigueur imposée par le trio FMI-BCE-UE. L'inquiétude est donc de mise du côté de la troïka, qui tient à ce que le Portugal poursuive sur la voie de la rigueur budgétaire.

Le Premier ministre ne parviens pas à rassurer

Mardi soir, le chef du gouvernement a tenté de rassurer lors d'une allocution télévisée. Il a exclu de démissionner et a dit qu'il allait s'attacher dans les heures qui viennent à résoudre la crise, mettant en garde contre les conséquences de l'instabilité politique pour le pays. "Je n'ai pas demandé au président de relever le ministre des Affaires étrangères de ses fonctions (...) Un gouvernement de coalition ne peut être ainsi mis en danger, sauf quand il y a des divergences vraiment énormes", a-t-il dit.

En vain : mercredi matin, les effets de cette instabilité politique ne se sont pas faits attendre. Le taux d'emprunt à dix ans du Portugal est passé au-dessus de 8%, pour la première fois depuis novembre 2012. La Bourse de Lisbonne a plongé de 6% à l'ouverture, puis dans les premiers échanges, la baisse s'est prolongée autour des -5%. L'inquiétude sur la situation au Portugal entraînait une fébrilité généralisée : à Francfort, la Bourse lâchait 2% mercredi matin, et à Madrid, elle perdait plus de 3%.

Même la monnaie unique européenne est impactée. Vers 10h, l'euro est tombée à son plus bas depuis fin mai, à 1,2923 dollar.

Des élections anticipée cet été?

L'économie portugaise est entrée dans sa troisième année de récession et le taux de chômage a dépassé 17% au premier trimestre, un niveau sans précédent. En septembre, les Portugais voteront pour des élections locales. Si les négociations avec la troïka sont trop difficiles, Pedro Passos Coelho pourrait convoquer des élections anticipées dont l'issue restera incertaine

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 04/07/2013 à 18:41 :
Plus les salaires baissent ,moins les impôts, taxes etc.. rentre dans les caisses,c'est une lapalissade ,oui je sais, mettez moins d'essence dans votre voiture pour faire un test,on va moins loin non !!!!!!!!!!
a écrit le 03/07/2013 à 15:11 :
on va finir par penser qu'il y a un complot americain pour faire tomber l'europe .
Réponse de le 05/07/2013 à 16:24 :
perceval78 il n'y a pas besoin de complot,vu le rammassis d'incapables à Bruxelles ,les ricains se poilent du matin au soir.C'est quand même ces branquignols qui sont entrain de nous concocter le traité atlantique EU-US,attendons nous à un traité pas piquer des vers,faisant la part belle aux intérêts US.Ils se font la main avec l'Europe question détricotage,ils peuvent trouver un job chez bergère de France.
a écrit le 03/07/2013 à 14:22 :
Jusqu'à présent les politiciens s'étaient abrités derrière les économistes pour ne pas prendre de décisions et dire "vous voyez, si on ne fait pas ce qu'ils disent, on va dans le mur". On enlève des milliards ici, on en rajoute là, on étale sur 2 ans, ...etc. Maintenant qu'on est dans le mur, et bien enfoncés, ils sont devant leurs responsabilités. Il faut faire de vrais choix de société, politiques, autant qu'économiques. Alors, ... où ils sont les politiciens ? allo, y a quelqu'un ?
a écrit le 03/07/2013 à 14:22 :
Et voilà, que même aux bons élèves cette TROÏKA entrave les espérances. Le portugal est engagé dans une saignée de son économie qui passe par la mise à la diète, pour ne pas dire mise en disette, de sa population. Des têtes pensantes, bien de leur personne, sont venues dire, expliquer après avoir décrêté, auprès du peuple qu'il fallait en passer par là. Le peuple à écouté, et accompli les sacrifices, partagé la misère, sans que cela soit pour autant du communisme ( propos imbécile du lecteur qui se pseudonne Jay Hawk...) et puis voilà, la classe politique imbue et autiste à la souffrance, se déchire pour ces petites attentions qui sont censées avoir été abolies en France la nuit du 4 août, et alors démission, et remise en cause de toutes les privations, des licenciements pour acquérir de la compétitivité...43% des salariés portugais sont apyés "en retard" et souvent ne perçoivent pas la totalité de leur salaire..;Alors que les députés roulent en BMW et Mercedes, et n'ont pas de soucis de fins de mois...Portugal qui pouratnt est pour le moment exempt des menaces totalitaristes et de la xénophobie délirante des droites extrêmes..? Il faut croire que ce peuple n'à pas totalement oublié cette révolution des oeillets d'avril 1974...Alors que l'Europe, cette belle CEE déja engrangeait des gains de croissance et de productivité avec l'immigration, des portgais certes, mais aussi d'ailleurs. Le vrai problème est dans ceux qui abusent les peuples, ceux qui s'approprient les moyens de production, mais aussi de distribution et qui soumis à leurs pulsions d'avidité d'argent et de pouvoir, trompent, abusent, détrournent, tout ce qui fait l'équilibre et la pérénnité d'une nation. Ce n'est pas tant les dirigeants qui doivent avoir du courage, mais bien le peuple qui doit se réveiller, car nous avons les dirigeanst que nous méritons. En Egypte ils sont moins riches que nous, mais ils ont un vrai courage CQFD
Réponse de le 03/07/2013 à 16:33 :
Il aurait donc fallut que ce soit des chômeurs qui imposent des mesures de sauvetage de l'économie pour qu'elles soient acceptables...
La réalité c'est que dans certains pays les politiques ont eu le courage d'imposer des réformes pendant que dans d'autres ils se préoccupaient de soigner les électeurs.
On a les hommes politiques qu'on mérite : c'est aussi cela la démocratie. L'Egypte, c'est une dictature révolutionnaire... C'est tellement mieux en effet.
a écrit le 03/07/2013 à 14:13 :
Du temps de Salazar la morue était subventionnée du temps de la TROÏKA la morue n'est plus qu'un rêve, la TROÏKA plus dure que la dictature?
a écrit le 03/07/2013 à 13:17 :
+ 44% de SDF en 10 ans en France !!!!! Mais c'est vrai, ce sont des branleurs, des alcooliques, des anarchistes, des délinquants ou des parias. Et c'est faux, ils ne sont pas isolés, pas perdus, pas ignorés ou pas considérés comme des rebuts, on ne fait que les aider. Ca doit être la même chose partout en Europe. J'ai voté pour...j'aurais mieux fait de me prendre une cuite la veille et ne pas pouvoir me lever le lendemain, jour du vote. Suis dégouté de notre race !!! Quelle Europe de...
Réponse de le 03/07/2013 à 13:45 :
La misère subie du fait d'un accident de vie n'est effectivement pas supportable dans une société civilisée.
Décortiquez bien cette phrase.
Une fois fait, comparez la France avec d'autres pays : si vous avez voyagé ce sera chose facile.
Maintenant on peut aussi partager la misère. C'est ce qu'on appelle "le communisme" non ?
Réponse de le 03/07/2013 à 14:42 :
Ayé, en voila encore un qui pense que je suis fan des Bérurier Noir. C'est interdit de croire que l'on peut favoriser la richesse tout en affaiblissant la pauvreté et la misère ? Ca devrait être lié. Juste une question d'équilibre. Quand je parle d'équilibre, je ne dis pas 50/50 mais peut être juste 90/10 et ça suffirait amplement. Et il n'y a pas que quand c'est un accident de vie que c'est insupportable, ça peut être la faute à pas de chance, avoir été bien éduqué ou pas, avoir eu accès à l'éducation, au logement, être bien né ou pas... Dans une civilisation moderne et civilisée (et riche tellement riche), la misère ne devrait plus exister. Qui te dit que chez un misérable ne se cache pas un génie potentiel ou un entrepreneur qualifié qui créerai de la richesse. Mais oui, suis idéaliste, communiste et populiste...et j'ai mauvais coeur.
a écrit le 03/07/2013 à 13:03 :
Mauvaise "AUSTERITE", car elle consiste a taxer, taxer et taxer encore les créateurs de richesse, au lieu de virer les consommateurs de richesses que sont les fonctionnaires.
Partout c'est la meme chose: on taxe les producteurs au lieu de supprimer les inutiles!
Résultat: appauvrissement généralisé, faillites d?entreprises, découragement des initiatives.
Tout cela provient du fait que les politiciens sont des fonctionnaires détachés et donc ils ne feront rien qui pourrait déplaire a leurs collegues. Comme le peuple est bete, il y a peu de chances que cela change. Les jeunes sont sans espoir et les plus malins doivent partir chercher fortune ailleurs. Bonne chance a eux.
Réponse de le 03/07/2013 à 13:23 :
"Les jeunes sont sans espoir et les plus malins doivent partir chercher fortune ailleurs"...

...Ou devenir eux-mêmes fonctionnaires, cette perspective étant redevenue prioritaire dans notre société déresponsabilisée.

Cela en dit long sur la structure profonde de notre pays. Qui aura le courage de faire évoluer les mécanismes, les mentalités, les hommes...
Réponse de le 03/07/2013 à 14:10 :
KAZBO, réalisez vous ce que vous écrivez? Vous parlez d'un pays qui il était cité en exemple pour sa croissance il y à de cela 5 ans...Jusqu'à le nommer "un dragon de l'Europe", et puis vint 2008 et cette crise des "subprimes" et là tout bascula. Vous envisagez de "supprimer les inutiles" quelle serait alors la manière de les "supprimer"...Quel impact économique, Et puis "supprimer" l'autre, cela s'apelle du totalitarisme. Vous envisagez aussi le fait que les politiciens soient "des fonctionnaires", et que "le peuple est bête" vous arrive t'il de mesurer la portée de vos jugements et pensez vous avoir contribué à faire avancer le débat? C'est avec cette crise, une mise à mort progressive et larvée de la démocratie, du dialogue social, des institutions qui ont fait le dynamisme de nos pays. Mesurez votre propos, car il est à ce jour condamnable, en supprimant, vous vous discréditez.
Réponse de le 03/07/2013 à 14:16 :
"Qui aura le courage de faire évoluer les mécanismes, les mentalités, les hommes..." MOI ! Pour la simple et bonne raison que mon programme se baserait sur un simple mot : NOUS.
Réponse de le 03/07/2013 à 14:44 :
Pour bien connaitre ce pays, la croissance était forte seulement dans les années 90. Dès 2002, c'était la dèche avec une croissance molle, loin derrière l'Espagne.

Le portugal a été très mal géré, les gens vivaient à crédit.Comme pour les grecs, c'est de la faute du peuple et des dirigeants, arretons de tout mettre sur le dos de la troika.Les portugais ont reconduits des socialistes incapables pendant plus de 20 ans et la droite est très molle là bas, eu égard à l'histoire (salazar).

Bref, on ne me fera pas pleurer sur ce pays qui doit se réformer comme nous et comme l'ont fait les allemands.
Réponse de le 03/07/2013 à 18:13 :
Avec plus de 5OO députés et je ne sais combien de sénateurs sans parler des préfets et autres fonctionnaires on peut citer la France comme un modèle en son genre. Sachez que le Portugal devra réduire de 230 à 180 le nombre de députés ainsi que que le nombre de municipalités et entreprises associations et fondations vivant au profit de l'état. A quand le tour de la France?
Réponse de le 03/07/2013 à 18:34 :
@Chris : Les salaires n'ont cessé de baisser dans les pays les plus en difficultés pour soi-disant doper la compétitivité mais cela n'a fait progresser ni les exportations ni les investissements mais ça a augmenté seule la profitabilité des entreprises et a contribué à la baisse de la consommation des ménages entraînant la récession. C'est ça la potion de la Troïka ! Et si j'ai bien compris vous seriez d'accord pour être le premier à la boire, non ?
a écrit le 03/07/2013 à 12:57 :
"La crise est finie !" dixit les rois mages...
a écrit le 03/07/2013 à 12:43 :
Ben ça va mal partout hein, pis ça ne s'arrangera pas malgré les contorsions de la finance et des états complices et vice versa.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :