Bruxelles, en mode "surveillance renforcée"

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Dès mardi, la Commission publiera ses prévisions économiques d'automne. Un exercice faisant le point sur la croissance, le déficit public, la dette et l'inflation notamment pour la zone euro et les 28 pays de l'UE.
Dès mardi, la Commission publiera ses prévisions économiques d'automne. Un exercice faisant le point sur la croissance, le déficit public, la dette et l'inflation notamment pour la zone euro et les 28 pays de l'UE. (Crédits : Reuters)
Prévisions économiques, surveillance des déficits, examen des budgets nationaux: la Commission européenne entame la semaine prochaine un mois chargé sur le plan économique, au cours duquel elle doit s'imposer comme un organe de contrôle crédible face à des Etats rétifs devant ses nouvelles prérogatives.

Croissance, déficit, dette, inflation... Bruxelles a du pain sur la planche. Dès mardi, la Commission européenne doit en effet publier ses prévisions économiques d'automne. L'occasion de contrôler à la loupe les efforts réalisés par les Etats membres en matière d'assainissement budgétaire. Explications.

Indicateurs conjoncturels pour 2014 et 2015

Dès mardi donc, la Commission doit faire le point sur la croissance, le déficit public, la dette et l'inflation pour les 28 pays de l'Union européenne. Elle devrait à cette occasion évaluer la vigueur de la reprise en zone euro en 2014 et donner ses premières estimations pour l'année 2015.

Jusqu'ici, Bruxelles tablait sur une croissance de 1,2% en 2014 pour les 17 pays de l'Union monétaire, avec deux pays encore récession, Chypre et la Slovénie.

Selon les prévisions faites au printemps, l'Allemagne devait connaître une croissance de 1,8% et la France de 1,1%. Des chiffres susceptibles d'être réévalués au vu de nouveaux indicateurs attestant d'un regain de confiance en zone euro.

Examen des objectifs de déficit

Ces prévisions seront également l'occasion de voir quels pays devraient respecter leurs objectifs de déficit jusqu'en 2015. En effet, pour la première fois cette année, l'exécutif européen dispose d'un droit de regard sur les budgets des Etats de la zone euro, et pourra exiger des changements s'ils ne sont pas conformes aux objectifs de déficit convenus ou aux recommandations économiques faites au printemps. 

La Commission pourrait ouvrir des procédures de déficit excessif, envisager de sortir un pays de cette procédure ou lui accorder un peu de souplesse pour revenir dans les clous budgétaires. Ce qui pourrait créer des tensions avec les capitales. "Certains parlementaires risquent de mal le prendre", a confié une source communautaire à l'AFP.

Des sanctions possibles

Quoi qu'il en soit, ce sera un test important pour l'Espagne qui a jusqu'en 2016 pour faire repasser son déficit sous les 3%, et pour l'Italie qui est sortie de la procédure de déficit excessif cette année.

Au Portugal, sous programme d'assistance financière, le gouvernement s'est engagé à ramener le déficit public à 4% l'an prochain, contre 5,5% en 2013, sous la pression de ses bailleurs de fonds qui ont exclu tout assouplissement des objectifs.

La France n'est pas en reste. L'exercice bruxellois y sera d'ailleurs particulièrement surveillé. Il faut dire que les autorités n'aiment pas se laisser dicter leur marche à suivre par la Commission. Paris s'est toutefois engagé à mettre en place un certain nombre de réformes, en échange d'un délai de deux ans, soit jusqu'en 2015, pour ramener son déficit public sous la barre des 3% du PIB. Car les dérapages budgétaires peuvent désormais déboucher sur des sanctions financières.

Selon la trajectoire prévue, la France doit être à 3,9% cette année et à 3,6% en 2014. L'objectif pour cette année ne devrait pas être respecté, mais la Commission a promis de regarder le tableau complet et de prendre en compte les efforts accomplis, notamment en matière de retraites.

 

 

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Commentaires
a écrit le 04/11/2013 à 16:15 :
Faut-il sortir de l'Euro de Jacques Sapir, éditions du Seuil (2011)
De la Grèce à l'Italie, en passant par l'Irlande, le Portugal et l'Espagne, la zone Euro est en feu. La Monnaie Unique censée nous protéger se révèle un piège dangereux. Tout cela avait été prévu car les défauts structurels de la Zone Euro étaient notoires et bien connus des économistes.
L'Histoire dira la responsabilité de nos gouvernements qui, par idéologie, par conformisme et parfois aussi par lâcheté, ont laissé la situation se dégrader jusqu'à l'irréparrable. Elle dira aussi l'immense culpabilité de ceux qui ont cherché à imposer une Europe Fédérale en contrebande, par le biais de la Monnaie Unique, à des peuples qui n'en voulaient pas.
Aujourd'hui, c'est aussi une certaine conception de l'Europe qui agonise. La crise actuelle solde à la fois les erreurs d'une financiarisation à outrance et la faute politique que furent le Traité de Lisbonne et le Déni de Démocratie qui suivit le réferendum sur le projet de Traité Constitutionnel en 2005.
Faut-il dans ces conditions, sortir de l'Euro ? Ce livre tente de répondre à cette question. Il se propose d'examiner la crise actuelle, de mettre en évidence tant ses origines que la conjonction de politiques particulières qui l'ont rendu inévitable. Il entend montrer au lecteur comment nous en sommes arrivés là, à partir des espoirs - pour certains réels et pour d'autres imaginaires - qui avaient été mis dans l'Euro à l'origine. Il se propose enfin de montrer les solutions possible qui s'offrent à nous, et d'évaluer objectivement si nous avons un intérêt à rester dans l'euro.
a écrit le 03/11/2013 à 17:05 :
Des Etats rétifs ? Faut-il rappeler qu'ils ont tous signé avec entrain le traité permettant ce contrôle et les sanctions ? Cette schizophrénie renvoit à une citation de Bossuet: "Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont il chérissent les causes"
Réponse de le 03/11/2013 à 18:08 :
Oui comme ont dit: "Les parents boivent et les enfants trinquent". Qui ont signé sans avoir l'aval de leur peuple? Qui le constate actuellement et en devienne rétif?
Réponse de le 04/11/2013 à 10:03 :
Sans l'aval du peuple? Le peuple a voté le gouvernemant en place ou les gouvernement précédents me semble-t-il !!!
Réponse de le 04/11/2013 à 10:29 :
Faut-il en déduire que ces gouvernements avaient tout pouvoir, y compris de défaire le résultat d'un vote référendaire ou encore de brader la souveraineté nationale ?

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