"L'Allemagne doit apporter sa contribution pour corriger les déséquilibres en zone euro" (Barroso)

Romain Renier

Romain Renier
Par ces mots, José Manuel Barroso a été moins sévère que Washington, qui avait carrément taclé la semaine dernière le modèle économique de l'Allemagne. Mais en substance, le message exprimé à l'église Saint-Paul de Francfort, le siège du premier parlement élu démocratiquement outre-Rhin, est le même. L'Allemagne doit jouer le jeu en Europe.
Le constat du président de la Commission est simple : dans sa forme actuelle, le marché unique permet à la première économie de la zone euro de "jouer de ses avantages compétitifs" dans la technologie et dans l'industrie. De fait, l'Allemagne exporte plus qu'elle n'importe depuis 1952, et n'a connu un déficit commercial qu'aux premières heures qui ont suivi la seconde guerre mondiale.
Est-ce à dire que la première économie européenne doit payer plus pour les autres ? Sur ce point, José Manuel Barroso a été clair : "faire payer les économies fortes pour les économies faibles n'est pas la réponse". Venant de la Commission, le contraire eut d'ailleurs été surprenant.
A cela, Bruxelles préfère voir le modèle économique de l'Allemagne changer afin de moins vampiriser ses voisins. Il propose notamment une plus grande libéralisation des services, afin de laisser les autres membres de la zone euro pénétrer son marché. Mais aussi une augmentation des salaires, souvent réclamée par les dirigeants français notamment, afin de relancer une demande intérieure qui fait cruellement défaut à ses principaux partenaires commerciaux, tout comme à elle-même.
En exprimant un tel désir de voir l'Allemagne jouer un rôle plus actif dans le redressement de ses partenaires européens, José Manuel Barroso ne sort pas de son rôle et reste très mesuré. En effet, malgré une réduction de plus de moitié de son excédent courant avec la zone euro depuis 2007, celui-ci, prévu à 7% en 2014, est toujours supérieur au maximum de 6% autorisé par la Commission européenne, et la faiblesse de la demande intérieure du pays l'empêche de jouer son rôle de moteur pour les économies périphériques notamment.
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Mardi, le commissaire en charge des Affaires économiques et monétaires Olli Rehn, avait lui aussi défendu le même propos, sans pour autant faire de mea culpa sur le modèle économique de la zone euro.
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