Angelino Alfano, l’homme qui a désarçonné le Cavaliere

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Angelino Alfano, 42 ans, avocat de formation, a formé son propre parti, le Nouveau Centre Droit.
Angelino Alfano, 42 ans, avocat de formation, a formé son propre parti, le Nouveau Centre Droit. (Crédits : reuters.com)
Silvio Berlusconi devrait être exclu du Sénat italien. En embuscade, son ancien dauphin, l’actuel ministre de l’Intérieur du gouvernement Letta a achevé sa rupture politique avec l’ex Président du conseil.

Angelino Alfano observe avec prudence la fin politique de son ancien mentor. Sauf surprise, Silvio Berlusconi devrait être exclu du Sénat italien après avoir été condamné à quatre ans de prison dont trois avec sursis pour fraude fiscale dans l'affaire Mediaset. Le Mouvement Cinq Etoiles de l'ex-comique Beppe Grillo a en effet annoncé qu'il se rangeait derrière le Parti démocrate d'Enrico Letta avant le vote prévu ce mercredi à la Chambre haute.

Soutien sur le plan juridique

Publiquement, l'ancien dauphin continue de soutenir Silvio Berlusconi dans son combat juridique, estimant que son éviction du Sénat serait une "injustice" car elle relèverait d'une application rétroactive de la loi. Lorsqu'il était ministre de la Justice du quatrième gouvernement Berlusconi entre 2008 et 2011, il a œuvré pour protéger l'ex-Premier ministre des nombreuses procédures à son encontre.

Rupture politique

Mais cela fait déjà plusieurs semaines qu'Angelino Alfano a rompu son allégeance politique.  Début octobre, c'est lui qui a donné le coup de grâce au "Caïman", en se retournant contre l'ancien président du Conseil qui tentait le tout pour le tout afin d'éviter la destitution. Après avoir annoncé sa démission en même temps que cinq autres ministres du Peuple de la Liberté, il a fait volte-face et annoncé son soutien à la coalition d'Enrico Letta.

"Je suis berlusconien et loyal. Mais si les extrémismes prévalent, je serai berlusconien différemment", avait-il alors twitté.

Vingt ans dans les troupes du Cavaliere

Le "petit ange" n'est désormais plus berlusconien du tout. Vendredi, ce Sicilien né en 1970, avocat de formation, a achevé de couper le cordon en annonçant la formation Nouveau Centre Droit, qui regroupe une cinquantaine de parlementaires "colombes" ayant voté la confiance au gouvernement le 26 novembre. Ce fils d'enseignants avait adhéré à Forza Italia, le parti du Cavaliere, près de vingt ans plus tôt, au sein duquel il avait rapidement gravi les échelons en commençant à 25 comme conseiller régional en Sicile suivi cinq ans plus tard d'un premier mandat de député.

D'autres "Brutus"

Comme le fondateur de la Ligue du Nord, Umberto Bossi, en 1994, l'ancien maire de Rome Walter Veltroni (2008) ou encore l'ex-président de la chambre des députés Gianfranco Fini (2010), Angelino Alfonso rejoint donc le club des "Brutus" qui se sont retournés contre Silvio Berlusconi. Des précédents pas forcément de bon augure puisque tous ont échoué à convaincre les électeurs. Pour l'heure, la nouvelle formation du numéro 2 du gouvernement Letta est créditée de 10,6% des intentions de vote selon un sondage ISPO pour le Corriere della Sera. Forza Italia le devancerait avec 16% d'opinions favorables.

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Pour aller plus loin: 

>> Berlusconisme, une histoire italienne en douze dates

>> "L"ère Berlusconi est terminée"

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