Baisse des taux : la BCE devrait passer à l'action jeudi

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La zone euro est confrontée à la faiblesse de l'octroi et de la demande de crédits, avec des disparités selon les pays, ce qui constitue un obstacle important à la reprise économique.
La zone euro est confrontée à la faiblesse de l'octroi et de la demande de crédits, avec des disparités selon les pays, ce qui constitue un obstacle important à la reprise économique. (Crédits : reuters.com)
Le mois dernier, la hausse des prix en zone euro a atteint 0,7% sur un an, largement inférieur à l'objectif de la BCE fixé à 2%. La première estimation pour le mois de mai doit être dévoilée ce mardi.

"Je serais très surpris si rien ne se passait", a déclaré à l'AFP Marco Valli, économiste d'UniCredit. "Ce serait un choc si la BCE n'agissait pas ce mois-ci", renchérit sa consœur de Capital Economics, Jennifer McKeown.

Aussi, confrontée à une inflation basse, à un euro fort et à un crédit à la peine, la Banque centrale européenne (BCE) devrait mettre fin à des mois de statu quo et passer à l'offensive lors de sa réunion mensuelle jeudi.

"La pression qui pèse sur la BCE pour qu'elle intervienne a été renforcée par la croissance décevante du Produit intérieur brut en zone euro au premier trimestre, de 0,2%, la persistance du recul des prêts aux entreprises en avril ainsi que le ralentissement de la progression de la masse monétaire", relève Howard Archer, analyste du cabinet IHS, cité par l'AFP.

Peu de crédits: un obstacle à la reprise

La région est confrontée à la faiblesse de l'octroi et de la demande de crédits, avec des disparités selon les pays, ce qui constitue un obstacle important à la reprise économique.

En outre, l'inflation se situe depuis des mois à un niveau très faible, faisant craindre à certains observateurs une entrée en déflation, c'est-à-dire un cercle vicieux de baisse généralisée des prix et des salaires.

Le mois dernier, la hausse des prix en zone euro a atteint 0,7% sur un an, bien loin de l'objectif de la BCE de la maintenir juste en-dessous 2%. La première estimation pour le mois de mai sera dévoilée mardi.

Michael Schubert, de Commerzbank, s'attend d'ailleurs à ce que la BCE "révise à la baisse ses prévisions d'inflation et de croissance pour 2014 et 2015". Jusqu'à présent, elle tablait sur une hausse des prix de 1% cette année, de 1,3% l'an prochain et de 1,5% en 2016, et sur une croissance de 1,2% en 2014, 1,5% en 2015 et 1,8% en 2016.

Une combinaison de mesures attendue

Pour intervenir, la BCE dispose de plusieurs cordes à son arc. Et les experts se montrent assez unanimes sur les flèches qu'elle pourrait décocher.

Ainsi, une baisse du principal taux directeur fait selon eux peu de doute. Ce baromètre du crédit en zone euro, à un plus bas historique depuis novembre, est actuellement à 0,25%.

Autre mesure très attendue, le passage en négatif du taux de dépôt au jour le jour, ce qui constituerait une première pour une grande banque centrale. Ce taux auquel la BCE rémunère les liquidités placées par les banques auprès d'elle pour 24 heures stationne à 0% depuis juillet 2012. L'abaisser pourrait inciter les banques à prêter davantage.

Pour ces deux outils, les analystes évoquent une baisse entre 10 et 15 points de base, ce qui porterait le principal taux directeur à 0,15% ou 0,10% et le taux de dépôt marginal à -0,10% ou -0,15%.

L'annonce d'un nouveau crédit à long terme (LTRO) semble également faire consensus. 

Côté liquidités toujours, une prolongation d'un an, jusqu'à mi-2016, de plusieurs opérations de prêts illimités de court terme aux banques paraît possible.

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Commentaires
a écrit le 09/06/2014 à 20:46 :
Depuis le temps que nos taux sont nuls...
a écrit le 03/06/2014 à 19:10 :
La chancelière va être obligée de lâcher la bride, pour les français, elle a entendu le vote, mais pour combien de temps. C'est la qu'on se rend compte que la France n'est plus un pays souverain. Je ne pense pas que ça dure très longtemps
a écrit le 03/06/2014 à 13:49 :
Le chantres du libre-échangisme incontrôlé et de l'abolition totale des frontières et des taxes douanières comptent être compétitifs face à la Chine, ou pire, au Bangladesh (salaires de 30€ mensuels), en abaissant les taux de 0.25 à 0.15....C'est une blague j'espère?
En plus l'abaissement des taux ne changera strictement rien pour l'économie réelle, vu que les banques ne prêtent pas. Mais qui se soucie encore de l'économie réelle...

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