Le check-up de la BCE n’inquiète pas les banques françaises

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Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, juge satisfaisants les résultats dégagés en 2013 par les six principales banques françaises. REUTERS.
Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, juge "satisfaisants" les résultats dégagés en 2013 par les six principales banques françaises. REUTERS. (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Les banques françaises "abordent avec sérénité" la revue de la qualité des actifs bancaires menée par la Banque centrale européenne (BCE), a affirmé le 23 mai Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France.

Le secteur bancaire européen, c'est un peu comme une classe : il y a les bons et les mauvais élèves. Les banques françaises font partie de la première catégorie, d'après Christian Noyer. Evoquant la revue de la qualité des actifs bancaires (asset quality review, AQR) que la BCE (Banque centrale européenne) est en train de mener - avant de devenir, en novembre, le superviseur unique des 130 plus grandes banques de la zone euro -, et les tests de résistance qui s'ensuivront, sous l'égide de l'Autorité bancaire européenne (EBA), le gouverneur de la Banque de France a indiqué le 23 mai, lors de la présentation du rapport annuel de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), que "les banques françaises abordaient cet exercice avec sérénité."

 Un ratio de solvabilité supérieur ou égal à 10%

 Une tranquillité d'esprit à mettre sur le compte des résultats financiers que celles-ci ont dégagé en 2013, année sur laquelle se base l'AQR. Les six principales banques françaises - BNP Paribas, la Société générale, le Crédit agricole, BPCE (Banque Populaire Caisse d'Epargne), le Crédit Mutuel et la Banque Postale - ont en effet engrangé l'an dernier un bénéfice net (part du groupe) total de 18 milliards d'euros, un montant plus de deux fois supérieur aux 8,4 milliards enregistrés en 2012. Des résultats que Christian Noyer a jugé "satisfaisants", et "qui ont permis de maintenir ou d'améliorer la solvabilité" des banques françaises, s'est félicité le gouverneur de la Banque de France.

 De fait, chacun des six établissements en question affichait à la fin 2013 un ratio de solvabilité [capital et bénéfices mis en réserve, rapportés aux crédits consentis ; Ndlr] supérieur ou égal au minimum de 10% que la nouvelle réglementation de Bâle III exigera à terme. Un critère que Deutsche Bank, par exemple, ne remplissait pas jusqu'à présent, son ratio de solvabilité se limitant à 9,5%. Ce qui vient de décider la première banque allemande à lancer une importante augmentation de capital de 8 milliards d'euros.

 Un surcoût de 80 millions d'euros financé par la Banque de France

 Si les banques françaises n'ont pas trop d'inquiétude à nourrir quant aux résultats de l'AQR et des "stress-tests", résultats que la BCE communiquera en octobre, cette revue de la qualité de leurs actifs n'en demeure pas moins un exercice "extrêmement lourd, d'une ampleur inédite", a souligné Christian Noyer. Et de préciser :

"Les stress tests constituent quelque chose de plus classique [L'EBA avait déjà procédé à des tests de résistance en 2010 et en 2011 ; Ndlr]. En revanche, l'AQR nécessite, pour chaque banque, de livrer des centaines de millions d'informations, de manipuler des dizaines de milliers de dossiers."

Ce travail de Titan qu'est l'AQR devrait représenter un surcoût global de l'ordre de 80 millions d'euros, lequel sera pris en charge par la Banque de France, a indiqué Christian Noyer.

 Un traitement particulier pour Dexia

 Par ailleurs, si Robert Ophèle a reconnu que "certains établissements avaient éprouvé des difficultés à fournir très vite toutes les informations en question à la BCE", le second sous-gouverneur de la Banque de France a assuré que "ces retards étaient aujourd'hui résorbés." Robert Ophèle, qui a également indiqué qu'un traitement particulier serait réservé à Dexia. Non pas au niveau de la revue de la qualité des actifs, mais sur le plan des tests de résistance, lesquels seront allégés pour cet établissement, par rapport à ceux des autres banques.

 Sauvée à deux reprises par des fonds publics, en 2008 puis en 2011, "Dexia constitue un cas très spécifique. C'est le seul établissement en gestion extinctive et qui bénéficie de la garantie des Etats (belge, français et luxembourgeois, pour ses emprunts). Le soumettre à des stress tests avec un scénario extrême n'aurait pas de sens", a expliqué Robert Ophèle.

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Commentaires
a écrit le 26/05/2014 à 13:16 :
Recapitalisation, vente d'actif pour de la liquidité........les banques cherchent du cash partout......tout va bien Madame la Marquise .
a écrit le 24/05/2014 à 17:13 :
Qui peut croire de telles déclarations! Si ce post n'est pas censuré, disons qu'il y a quand même une banque d'énarque parachuté en code rouge!!
a écrit le 24/05/2014 à 12:08 :
En France on ne saura la vérité sur les audits (ou euphémistequement appelé de "check-ups") des finances privées ou publiques que des mois après. C'est alors que la polémique, stérile comme d'habitude, s'y installera. les consignes du "Tout va bien" et du "Tout sera pour le mieux" envoyée aux médias et ceux les obéissent à la lettre. Donc, dire que tout va bien chez les banques françaises avant le "check-up" de la BCE ne rien d'autre que de la consigne de la Banque de France. Espérons encore quelques mois pour en savoir le résultat, plutôt.
a écrit le 24/05/2014 à 9:56 :
On s'arrange pour que Dexia échappe au stress test, on évite de parler de la recapitalisation en urgence de la Deutsche Bank par les quataris, on occulte la déroute de la JP Morgan... On savait que nos oligarques nous prenaient pour des imbéciles, bientôt ils vont s'en vanter publiquement !
a écrit le 23/05/2014 à 18:30 :
On va cela au résultat des AQR en juillet. Il y a au moins un français en code rouge!!
a écrit le 23/05/2014 à 18:09 :
Tu m'étonnes, le marché gris ne sera pas traité, non plus que les dérivés de dérivés. "Si je masque toute la boutique bouffée par les termites, la façade tient encore".
a écrit le 23/05/2014 à 16:58 :
Puisque le contribuable est appelé en cas de problème.
Là aussi, il devait y avoir réforme et puis non, le contribuable sera à nouveau cordialement sollicité en cas d'indigestion.
Quant à la réforme sur la séparation des activités de dépôts et commerciales (spéculatives), la réforme effectuée est une belle blagounette.
Alors, elles peuvent être sereines les banques.
À votre santé

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