Allemagne : le moral des entrepreneurs au plus bas depuis juillet 2013

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La tendance de fond de la conjoncture est intacte, a estimé lundi un porte-parole du ministère de l'Économie allemand.
"La tendance de fond de la conjoncture est intacte", a estimé lundi un porte-parole du ministère de l'Économie allemand. (Crédits : reuters.com)
Les inquiétudes associées à l'évolution de la situation en Ukraine et l'impact des sanctions contre la Russie se propagent chez les dirigeants d'entreprises de la première économie d'Europe. Leur moral chute pour le quatrième mois consécutif.

Le nouveau recul en août du moral des entrepreneurs allemands, mesuré par le baromètre Ifo, témoigne de l'impact des tensions géopolitiques, notamment en Ukraine, sur la première économie européenne.

Quatrième mois de recul consécutif

L'indicateur a reculé davantage que prévu, à 106,3 points après 108 points en juillet, accusant un quatrième mois de repli consécutif et un plus bas depuis juillet 2013, selon un communiqué de l'institut Ifo (Institut für Wirtschaftsforschung) publié lundi.

Un indice supérieur à 100 signifie qu'une majorité de chefs d'entreprise se montre plutôt optimiste. L'Ifo ne cesse toutefois de décliner depuis mai, portant la marque des tensions géopolitiques qui dominent l'actualité et du passage à vide de l'économie allemande au deuxième trimestre, au cours duquel son produit intérieur brut (PIB) a reculé de 0,2% selon un chiffre provisoire.

Lire Une contraction du PIB liée "à l'effet des sanctions et au poids de la crise                      ukrainienne sur la confiance"

Influence modérée du conflit ukrainien

Le baromètre Ifo "renforce notre conviction que la dynamique conjoncturelle au second semestre sera plus faible que nous ne le supposions jusqu'ici", juge Johannes Mayr, analyste de Bayern LB.

Son confrère d'UniCredit Andreas Rees souligne de son côté le rôle des facteurs géopolitiques. Même si les livraisons à la Russie ne représentent que 4% des exportations allemandes, le conflit ukrainien pourrait nuire à l'ensemble des relations commerciales entre l'Allemagne et les pays de l'Est et du centre de l'Europe, selon lui.

      Lire Chute de 15% des exportations allemandes vers la Russie

"Les risques géopolitiques déstabilisent les entreprises allemandes mais, même sans les divers conflits, il n'aurait pas été possible pour l'économie allemande de continuer à croître", nuance Thomas Gitzel, responsable de la recherche chez VP Bank Group.

La reprise devrait se poursuivre

Les experts se montrent néanmoins rassurants quant à l'avenir proche de l'économie allemande. "Nous ne diagnostiquons pas de fin prématurée de la reprise en Allemagne", insiste Johannes Mayr, de Bayern LB, car les fondamentaux alimentant la demande intérieure sont inchangés. Le baromètre Ifo "est encore à un niveau tout à fait correct" et "n'annonce pas un effondrement de la conjoncture", renchérit Heinrich Bayer, de Postbank.

Une opinion partagée par le gouvernement allemand. "La tendance de fond de la conjoncture est intacte", a estimé lundi un porte-parole du ministère de l'Économie. Celui-ci mise sur une retour dans le vert des taux de croissance du PIB aux troisième et quatrième trimestres, a précisé ce porte-parole.

La banque centrale allemande, la Bundesbank, a exprimé la semaine dernière une position similaire. L'hebdomadaire Der Spiegel rapporte même dans son édition de lundi que le gouvernement estime qu'il y a de bonnes chances de dépasser cette année la prévision officielle de croissance de 1,8%, sur la foi d'un document issu du ministère des Finances.

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Commentaires
a écrit le 26/08/2014 à 7:51 :
L'Ukraine à bon dos, mais les problèmes de l'Allemagne sont en Europe, avec (contre?) ses partenaires.
a écrit le 26/08/2014 à 5:11 :
Le moral des entrepreneurs est au plus bas en Allemagne...en France il n'y a plus de moral du tout. Les entrepreneurs sont ruinés. Silence, on coule.
Réponse de le 26/08/2014 à 15:02 :
Pourquoi les entreprises coulent en France .? Allez dis moi ? Trop d'impots ? Et bien fallait pas embaucher autant de fonctionnaires et surtout, y a trop de vieux, trop de retraites à payer...biensur aucun politique ne vous dira la vérité, meme le fn, qui viendra mettre ça sur le dos des immigrés LOL..quelle arnaque.
a écrit le 25/08/2014 à 23:29 :
c'est bizarre que cette information n'est pas influée sur la bourse car c'est du concret, tandis que les paroles de Draghi elles ont fait s'envoler une fois de plus les indices.
Bizarre comme c'est bizarre. (surtout sélectif).
a écrit le 25/08/2014 à 20:58 :
évidemment c'est la faute de François Hollande et de son gouvernement d'incompétents !!! Mme Merkel a toujours raison et ne se trompe jamais !!!
a écrit le 25/08/2014 à 16:49 :
Toujours lui !
a écrit le 25/08/2014 à 16:40 :
Fallait pas laisser le gouvernement instaurer un zalaire minimum..
A quand une grève du zèle des entrerpises???
a écrit le 25/08/2014 à 16:40 :
eh! ben, voilà! y a pas que chez nous !
a écrit le 25/08/2014 à 15:42 :
"L'indicateur a reculé davantage que prévu, à 106,3, sachant qu'un indice > 100 est synonyme d'optimiste. Le même sondage en France donnerait quel chiffre? 50, 60 ou peut être moins.
a écrit le 25/08/2014 à 15:33 :
comment ces entrepreneurs ,chez ns on dit créateurs de richesses!!!!! , pourraient-ils avoir le moral ,on leur a demandé d'augmenter les salaires ???
a écrit le 25/08/2014 à 15:01 :
Quel beau titre! Auquel je répondrai: Sans morale pas de moral! Car la pléonexie appelle des désastres psychiques et écologiques. La perte sera totale, mais le pléonexique, tel un drogué, continue à suivre ses pulsions, un programme qui le ménera droit dans le mur. Quelle esthétique!
a écrit le 25/08/2014 à 14:58 :
allez les Franzozes, achetez allemand et Schnell
Réponse de le 25/08/2014 à 17:00 :
Dézolé, on n'a pu d'sous... Bercy a tout piqué. :-)
a écrit le 25/08/2014 à 14:53 :
La faute à François Hollande diront certains!
a écrit le 25/08/2014 à 14:38 :
Je préconise que tous ceux qui n'ont pas encore leur Audi, BMW, Mercedes, VW, Porsche... en achète une, et que tous ceux qui en ont déjà une en achète une deuxième. En solidarité des entrepreneurs allemands. Sinon où va-t-on?
Réponse de le 25/08/2014 à 17:38 :
ja, bon exemple à suivre, vous bon collaborateur!

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