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Agroalimentaire - La Tribune Bordeaux

Un pacte pour une alimentation plus "locale et équitable" en Nouvelle-Aquitaine

Kenza Soares El Sayed

Publié le 12 janvier 2021 à 13:18 - Mis à jour le 12 janvier 2021 à 14:09

Pacte alimentaire Nouvelle-Aquitaine

Les signataires du pacte alimentaire Nouvelle-Aquitaine ce jeudi 7 janvier 2021.

Kenza Soares El Sayed / La Tribune

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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La Région et la préfecture ont adopté, jeudi 7 janvier 2021, un Pacte alimentaire de Nouvelle-Aquitaine en présence des représentants de la filière agroalimentaire. Dans le cadre du plan de relance, producteurs, transformateurs et, fait inédit, distributeurs ont signé ce document qui vise à promouvoir "une alimentation saine et durable" et une plus juste rémunération des agriculteurs.

Soucis d'une meilleure rémunération des producteurs et volonté des consommateurs de manger sainement et en privilégiant les circuits courts et plus respectueux de l'environnement, les acteurs de l'agro-alimentaire participent aux réflexions sur "le monde d'après" la pandémie. Le Pacte Alimentaire Nouvelle-Aquitaine, signé jeudi 7 janvier aux côtés des représentants de la filière, vise ainsi "à rendre accessible des produits locaux et de qualité, à améliorer la durabilité de produits sains et respectueux de l'environnement, et à veiller à la répartition équitable de la valeur sur toute la chaîne alimentaire », comme l'a indiqué le président (PS) du conseil régional Alain Rousset.

"L'alimentation n'est pas simplement un problème agricole et logistique",a tenu à rappeler la Fabienne Buccio, la préfète de région."Elle est devenue une question sociétale, liée aux problématiques environnementales et de santé. Il devra y avoir un après-crise sanitaire : celle-ci a démontré le besoin de résilience de l'alimentation dans toutes ses dimensions, et le besoin de relocalisation, condition nécessaire à une alimentation saine et durable",a-t-elle développé.

Plusieurs lignes conductrices sont mises en avant, à commencer par une plus juste rémunération des producteurs, "un enjeu majeur afin d'éviter la désertification des campagnes", estime le président du conseil régional. Fait rare, les distributeurs tels que Carrefour, Auchan, Super U et Géant Casino ont pris part à ce nouvel accord, via la Fédération du commerce et de la distribution de Nouvelle-Aquitaine. Les représentants de la filière biologique, Interbio et Bio Nouvelle-Aquitaine ont également adhéré au Pacte, ainsi que l'Interprofession du bétail et de la viande (Interbev) ou les producteurs de fruits et légumes des associations APFeLSO et Interferl.

Pas de budget dédié

Le pacte alimentaire a notamment été salué par le tout nouveau président de la Chambre régionale d'agriculture de Nouvelle-Aquitaine, Luc Servant :

"Ce pacte cherche une cohérence entre les attentes des producteurs et des consommateurs. Les agriculteurs font face à de nouvelles exigences sociétales, qu'il est parfois compliqué d'assurer lorsque ceux-ci sont confrontés à des difficultés économiques. Il faut que tous les acteurs de la filière alimentaire respectent leurs engagements, afin que les gains ruissellent jusque dans les fermes."

Sans budget dédié, ce pacte s'appuiera sur divers financements existant au niveau local, national et européen. Le document vise  -entre autres - à renforcer le lien entre producteurs et consommateurs, en favorisant la transformation et la commercialisation des produits par les agriculteurs eux-mêmes, et à encourager les projets alimentaires territoriaux appuyant la relocalisation. L'éducation du public aux enjeux d'une alimentation saine et locale est également un axe stratégique phare, à travers des actions de sensibilisation notamment auprès des jeunes.

La commande publique devrait jouer un rôle de premier plan

La Région entend miser sur un approvisionnement de qualité pour la restauration collective des lycées et des établissements publics de santé. Un comité de pilotage spécifique dédié à la commande de produits locaux biologiques devrait être mis en place, afin de poursuivre les exigences de la loi Egalim du 30 octobre 2018, visant à ce que la moitié des produits proposés dans la restauration publique soit d'origine locale, dont 20 % biologique, d'ici à 2022.

L'association Acena, créée en 2017 et regroupant les chefs de cuisine et gestionnaires des lycées de Nouvelle-Aquitaine, a également mis en place une application discriminant les produits présentant trop de perturbateurs et de conservateurs. Selon Alain Rousset, la Région doit jouer un rôle dans l'éducation à la citoyenneté alimentaire, à travers la réduction du gaspillage dans les écoles.

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Un plan d'action déployé sur la période 2021-2025

L'accord s'inscrit également dans la lignée de la feuille de route régionale "Agriculture, alimentation et territoires, pour une alimentation locale et durable en Nouvelle-Aquitaine" 2018-2020, qui avait contribué à mettre en place 18 actions veillant à favoriser le développement de circuits courts. Dans le cadre du plan France Relance, qui devrait consacrer 1,2 milliard d'euros à la transition agricole, les acteurs régionaux estiment ainsi lancer "l'acte 2" de cette feuille de route avec ce nouveau pacte.

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Celui-ci s'inscrit aussi dans les ambitions du projet régional Néo Terra, mené avec la Coopération agricole, par lequel la Région Nouvelle-Aquitaine s'engage à accompagner l'effort de transition en termes énergétiques, écologiques et agricoles à l'horizon 2030. Concrètement, il s'agira de mettre en place un plan d'actions sur la période 2021-2025 au travers d'un comité de pilotage et de suivi chargé de mobiliser les aides nationales, régionales et les crédits européens.

Kenza Soares El Sayed

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