LA TRIBUNE - Quel est l'état d'esprit des éleveurs et des cultivateurs dans les allées du salon après deux années de Covid ?
Dominique GRACIET - Cette édition est un gros succès partagé par les exposants, les intervenants et le public avec la présence d'animaux et des stands des producteurs tout au long des neuf jours. Tous sont ravis de se retrouver pour la première fois depuis 2019. Et je me félicite de voir beaucoup de jeunes tant chez les agriculteurs que chez les visiteurs. Plus globalement, les confinements et maintenant la guerre en Ukraine ont amené les gens à réfléchir davantage sur l'importance d'avoir une alimentation locale et de qualité. Pourtant, il y a encore une trop grande différence entre les attentes des citoyens et les actes réels d'achats.
Qu'entre ce que veut le consommateur et ce qu'il achète réellement, on est en train de faire le grand écart. Pendant les confinements, les 40 % des débouchés de la restauration collective se sont reportés vers les circuits courts et la grande distribution. Ce qui a plutôt favorisé les produits de qualité et les produits bio, et c'est très bien. Mais, aujourd'hui, on est confrontés à deux phénomènes liés à la guerre en Ukraine : des hausses très importantes des prix de l'énergie et des matières premières, d'une part, et une crise du pouvoir d'achat, d'autre part. Cela pénalise d'abord les produits bio et sous signe de qualité qui sont plus chers à produire mais délaissés par les consommateurs parce qu'ils ont tendance aujourd'hui à privilégier les produits les moins chers pour des raisons évidentes de pouvoir d'achat.