Marre ! Voilà que les représentants du monde agricole n'acceptent plus d'être mis en lumière une seule fois par campagne présidentielle, durant la messe du salon de l'agriculture. "Moi, j'en ai assez d'entendre des candidats dire "oh les pauvres agriculteurs !". Chaque fois qu'ils viennent couper un ruban, ils présentent leurs condoléances", cinglait Christiane Lambert, la patronne du puissant syndicat agricole FNSEA, le 21 février dernier. Si dans cette campagne présidentielle, de nombreux sujets peinent à émerger, l'agriculture veut tenter d'imposer son agenda. Les candidats à la présidentielle sont ainsi invités par la FNSEA ce mercredi 30 mars à Besançon pour un grand oral devant les représentants de la profession.
Alors que les discussions devraient se cristalliser autour des revenus, du soutien aux labels environnementaux et des réglementations sur les pesticides, qui se soucie de la plus grande crise démographique agricole que le pays s'apprête à subir ? Les chiffres définitifs du recensement mené en 2020 doivent être publiés à partir d'avril mais, déjà, les données récupérées par La Tribune sur la Nouvelle-Aquitaine prouvent que la région et le pays sont face à un péril annoncé. Dans la première région agricole d'Europe en terme de valeur économique (11,8 milliards en 2018), 40 % des agriculteurs aujourd'hui âgés de moins de 62 ans auront atteint l'âge légal de départ en retraite d'ici dix ans. Soit 19.500 des 50.000 personnes de ce groupe... Une véritable hémorragie.