-3,9 %. Le chiffre a raisonné dans la profession comme un désaveu à l'agriculture biologique. Il concerne la baisse de la consommation de produits certifiés bios dans les grandes surfaces françaises en 2021, selon la publication de l'Agence bio du 10 juin dernier. Un revers qui reste à relativiser au vu de la forte hausse de 2020 dopée par les confinements et l'intérêt des consommateurs pour des produits plus qualitatifs. Mais il n'en fallait pas moins pour affoler les marchés qui, encore en 2022, constatent une réduction entre les prix du bio et du conventionnel. Pour les cultivateurs sous certification, qui ont des coûts de production plus élevés au kilo, c'est tout un modèle qui est torpillé.
Avec l'inflation et la baisse du pouvoir d'achat, les consommateurs font plus attention à leur porte-monnaie et se détournent des fruits et légumes bios. À tel point que les stocks augmentent pour la production biologique et que les prix sont tirés vers le bas et se rééquilibrent avec les autres denrées. Quand l'offre connaît un pic, la demande ne répond plus. Le producteur de pommes, basé à Montauban dans le Tarn-et-Garonne, dispose d'une exploitation fruitière de 75 hectares, dont huit en bio depuis 2014. A l'époque, Martin Delvolvé plante plusieurs variétés "par opportunisme". Les prix de vente offrent des revenus bien meilleurs que ceux accordés à la production dite conventionnelle. La part des conversions et de la consommation va en grandissant. "Je disais à des copains : "Mais on devrait tout convertir en bio !" Ça a duré huit ans, jusqu'à l'année dernière...", rejoue-t-il.