Avec 8.800 fermes bio (+86 % en cinq ans) et plus de 360.000 hectares (+250 % en dix ans) au 31 décembre 2021, l'agriculture biologique ne s'est jamais aussi bien portée en Nouvelle-Aquitaine. La région confirme son 2e rang français avec 9,3 % de la surface agricole utile en bio, contre 8,5 % en moyenne nationale. Mais ça c'était avant. Avant le cycle de consommation à la baisse initié l'an dernier et qui s'est confirmé au premier semestre 2022 marqué par l'inflation galopante et les négociations sur la politique agricole commune (PAC). Autant d'éléments qui ont pesé sur l'offre mais aussi, et c'est nouveau, sur la demande dans un contexte de pouvoir d'achat contraint.
Dans le détail, cette baisse de la demande est particulièrement palpable, c'est-à-dire autour de -10 %, chez les deux principaux débouchés de l'agriculture biologique : la grande distribution généraliste et les magasins bio spécialisés. Les autres circuits de distribution - vente directe, artisans-commerçants et restauration - progressent mais pas suffisamment pour inverser la baisse globale de la consommation même si les prix des produits bio, bien que plus chers que le conventionnel, ont moins augmenté pour l'instant.
La baisse de la consommation concerne notamment le lait, les œufs et les fruits-et-légumes -entraînant ici et là des surstocks ou des ventes en conventionnel - tandis que les fruits rouges, les poires ou la moutarde résistent mieux. Mais cette inflexion commence à peser, en retour, sur la dynamique de la production. Avec un chiffre d'affaires régional annuel de près de deux milliards d'euros, la filière a continué à grandir au cours des neuf premiers mois de 2022 mais loin du rythme des années précédentes :
"Depuis le 1er janvier on dénombre 570 nouvelles exploitations bio dans la région contre 908 l'an dernier à la même époque et on table sur un total de 730 en 2022 contre 1.100 en 2021. On reste donc sur une dynamique positive mais le rythme marque le pas avec des ralentissements importants en Gironde, Dordogne, Lot-et-Garonne et Deux-Sèvres, là où le bio est déjà bien implanté",précise Sylvie Dulong, la présidente de Bio Nouvelle-Aquitaine.