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Agroalimentaire - La Tribune Bordeaux

L'agriculture biologique ralentit face à une demande qui s'enraye

Photo de Pierre Cheminade

Pierre Cheminade

Publié le 14 octobre 2022 à 03:50

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Poires

La poire résiste plutôt bien à la baisse générale de la consommation des produits issus de l'agriculture biologique constatée depuis 2021.

CC Pixabay by Hans Benn

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Photo d'illustration de l'article
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Fatigue passagère ou vrai retournement du marché ? L'agriculture biologique fait face à une importante évolution de son modèle avec une consommation orientée à la baisse pour la première fois depuis huit ans, à cause notamment de l'inflation. Un contexte qui pèse en retour sur l'offre. En Nouvelle-Aquitaine, cela se traduit par une croissance amputée d'un tiers : 730 nouvelles exploitations en 2022 contre 1.100 l'an dernier.

Avec 8.800 fermes bio (+86 % en cinq ans) et plus de 360.000 hectares (+250 % en dix ans) au 31 décembre 2021, l'agriculture biologique ne s'est jamais aussi bien portée en Nouvelle-Aquitaine. La région confirme son 2e rang français avec 9,3 % de la surface agricole utile en bio, contre 8,5 % en moyenne nationale. Mais ça c'était avant. Avant le cycle de consommation à la baisse initié l'an dernier et qui s'est confirmé au premier semestre 2022 marqué par l'inflation galopante et les négociations sur la politique agricole commune (PAC). Autant d'éléments qui ont pesé sur l'offre mais aussi, et c'est nouveau, sur la demande dans un contexte de pouvoir d'achat contraint.

"Une grosse évolution de la conjoncture"

"On constate en 2022 une grosse évolution de la conjoncture pour le bio. On sort de dix ans de forte hausse de la production pour avoir aujourd'hui des chiffres à l'étal, voire en diminution à cause de la baisse du pouvoir d'achat",cadre Philippe Leymat, président d'Interbio Nouvelle-Aquitaine et vigneron en Corrèze,confirmant des premières tendances nationales constatées dès 2021 et dévoilées au mois de juin.

A LIRE AUSSI

Les ventes d'œufs de poules en cage augmentent, celles des œufs bio baissent

Dans le détail, cette baisse de la demande est particulièrement palpable, c'est-à-dire autour de -10 %, chez les deux principaux débouchés de l'agriculture biologique : la grande distribution généraliste et les magasins bio spécialisés. Les autres circuits de distribution - vente directe, artisans-commerçants et restauration - progressent mais pas suffisamment pour inverser la baisse globale de la consommation même si les prix des produits bio, bien que plus chers que le conventionnel, ont moins augmenté pour l'instant.

À lire également

  • Coup de frein sur le bio: la consommation a baissé en 2021 pour la première fois en 8 ans
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  • Le congrès européen de l'agriculture bio se tient à Bordeaux sur fond de baisse de la consommation
  • Les ventes d’œufs de poules en cage augmentent, celles des œufs bio baissent

La baisse de la consommation concerne notamment le lait, les œufs et les fruits-et-légumes -entraînant ici et là des surstocks ou des ventes en conventionnel - tandis que les fruits rouges, les poires ou la moutarde résistent mieux. Mais cette inflexion commence à peser, en retour, sur la dynamique de la production. Avec un chiffre d'affaires régional annuel de près de deux milliards d'euros, la filière a continué à grandir au cours des neuf premiers mois de 2022 mais loin du rythme des années précédentes :

"Depuis le 1er janvier on dénombre 570 nouvelles exploitations bio dans la région contre 908 l'an dernier à la même époque et on table sur un total de 730 en 2022 contre 1.100 en 2021. On reste donc sur une dynamique positive mais le rythme marque le pas avec des ralentissements importants en Gironde, Dordogne, Lot-et-Garonne et Deux-Sèvres, là où le bio est déjà bien implanté",précise Sylvie Dulong, la présidente de Bio Nouvelle-Aquitaine.

Pierre Cheminade

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