Alors que les ventes d’œufs des poules en cage baissaient depuis le début de l’année et que celles des œufs bio augmentaient, les chiffres du mois d’août montrent l'inverse. Faut-il y voir les conséquences de l’inflation et de la baisse du pouvoir d’achat ? Les prochains mois diront si la se confirme. Pour la filière, la production et la consommation d'œufs « alternatifs », particulièrement développées en France, continueront de croître, malgré la hausse de leurs prix. A partir de 2025, les œufs de poules élevées en cage pourraient être destinés seulement à l'exportation. Explications.Le chiffre a surpris la filière. En août 2022, par rapport à août 2021, dans la grande distribution, les ventes d'œufs en cage ont crû de 9,7% selon l'institut d'études Kantar cité par le Comité national de promotion de l'œuf (CNPO).
C'est bien moins que les ventes d'œufs « alternatifs », pondus par des poules élevées au sol ou en plein air. Les œufs de poules élevées au sol sont en augmentation de 37,1%, mais c'est plus que celles d'œufs de poules élevées en plein air, qui n'ont progressé que de 8,7%, et à contre-courant des performances des œufs bio, dont les achats ont même baissé de 4,1%. Un signal qui, dans un contexte d'incertitude quant à l'évolution du comportement des consommateurs, pourrait inquiéter.
Ces œufs « alternatifs » constituent en effet de plus en plus l'épine dorsale de la production française, laquelle, afin de s'adapter à une demande citoyenne de respect du bien-être animal, se tourne vers l'élevage hors cage. La part de ce dernier dans les modes d'élevage de poules pondeuses dépasse les 50%, une part supérieure à l'objectif fixé par la filière en 2016. En 2021 en effet, 24,4% étaient produits en plein air, 20,6% au sol, 15,7% en bio et 6,4% en label rouge, pour un total de 67% d'élevages « alternatifs ». Ce qui représente aussi une particularité par rapport aux autres pays de l'UE, où la moyenne est de 58%. Depuis 2013, les effectifs de poules en cage baissent en conséquence de 9% par an, alors que les autres augmentent: en particuliers ceux des poules élevées au sol, en hausse moyenne de 15%, la transformation des bâtiments des élevages en cage en élevages au sol étant la plus facile.
Les œufs « alternatifs » très majoritaires en magasins
Le CNPO, l'association interprofessionnelle, reste néanmoins serein.
« Nous sommes certes face à une période conjoncturelle difficile. Mais elle ne devrait pas impliquer une remise en cause des fondamentaux du marché, avec un retour massif des œufs de poules élevées en cage », estime son secrétaire général, Maxime Chaumet.