« No bassarán ! » Le slogan détourné des républicains espagnols ne change pas pour les opposants aux projets de retenues d'eau géantes, dites méga-bassines. En revanche, l'ampleur de la manifestation de ce week-end s'annonce bien inédite dans le Poitou. Cinq mois après la dernière mobilisation, qui avait rassemblé jusqu'à 7.000 personnes à Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres, ce sont 10.000 manifestants français et internationaux qui sont attendus dans les plaines bocagères du Marais poitevin.
A l'invitation du collectif Bassines non merci, la Confédération paysanne et des Soulèvements de la terre, suivis par plus de 200 associations, le « peuple de l'eau » est appelé à converger vers Lusignan, au sud de la Vienne, vendredi après-midi pour accueillir un convoi d'une cinquantaine de tracteurs. Deux conférences s'y tiendront en fin de journée autour des enjeux internationaux sur les luttes paysannes pour les terres et l'eau, avec des les témoignages d'activistes d'Amérique du Sud et d'Afrique notamment.
Mais ce premier rassemblement ne sera qu'une prémisse à la journée du samedi, temps fort du week-end, où le cœur de la contestation va s'exprimer au sud du département des Deux-Sèvres. Alors que les manifestations ont été interdites par la préfecture, les cortèges prévoient d'occuper les sites des bassines construites sur le bassin versant de la Sèvre Niortaise. Pour l'heure, les organisateurs laissent planer le doute. Deux communes sont citées : Sainte-Soline, théâtre de la précédente mobilisation en octobre, et Mauzé-sur-le-Mignon. Une façon de brouiller le déploiement des forces de l'ordre, qui s'annonce également massif.