Finalement et, contre toute attente, l'Autorité de la concurrence (ADLC), gardienne du respect des règles de la concurrence dans l'Hexagone, n'aura pas à se prononcer formellement sur l'énorme projet porté par les groupes agroalimentaires coopératifs Maïsadour et Euralis de créer ensemble une société dédiée au développement de la filière des canards gras. Cette co-entreprise devait agréger « production industrielle, transformation et commercialisation des produits des filières canards à foie gras, saurisserie (poissons -ndr) et boutiques de vente directe »
Cette activité est dans le Sud-Ouest à la base d'une grande filière qui représente des milliers d'emplois, des centaines d'éleveurs, des dizaines d'abattoirs, et de nombreuses marques de produits gastronomiques dédiées au foie gras et à la viande de canard, mais aussi au saumon et truites fumés, présentes dans la grande distribution comme dans les épiceries fines.
Pour tirer au mieux partie de l'élevage de canards gras, les deux grands groupes coopératifs aquitains que sont Maïsadour (1,4 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2022 avec 4.300 salariés), à Haut-Mauco (Landes) et Euralis (1,6 milliard d'euros de chiffre d'affaires avec 5.200 salariés), à Pau, ont fait le choix d'une concentration verticale. Partant de l'œuf jusqu'à la vente du magret de canard sous vide. Très durement touchés par les épizooties à répétition qui frappent depuis 2016 les élevages de canards gras, et qui ont jusqu'ici conduit à l'abattage sanitaire de millions de têtes de volailles, Maïsadour et Euralis ont décidé en 2022 de fusionner leurs activités dans ce secteur au sein d'une entreprise commune.