« Oui, les vins rouges de Bordeaux peuvent s'accorder aussi bien avec de sushis qu'avec un plat végétarien ou un hamburger. Continuons ce travail de désacralisation et démocratisation de nos vins, que ce soit en France et à l'international », a lancé Allan Sichel, le président du CIVB (Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux) en ouverture de l'assemblée générale ce lundi 11 décembre. Encore difficilement audible il y a quelques années, ce discours est désormais assumé pour séduire de nouveaux clients, plus jeunes et plus féminins, alors que les vins de Bordeaux subissent de plein fouet le désamour des consommateurs.
Le vignoble girondin produit encore 85 % de rouges quand les 65 ans et plus ne sont plus désormais que 50 % à en acheter (*). Une proportion qui diminue dans toutes les tranches d'âge et tombe à 33 % chez les moins de 35 ans friands de rosés (29 %) et surtout de blancs (37 %). Et ce sont bien les 18-35 ans qui sont ciblés par la communication déployée par le CIVB sous le slogan « Terroirs de Bordeaux : des rouges de toutes les couleurs » qui met en avant les crémants et rosés déjà produits à Bordeaux. « On peut parfaitement accorder un Bordeaux à une planche d'apéro », tranche Allan Sichel.
Avec cette campagne qui se fera avec moyens contraints (lire l'encadré), l'enjeu pour le CIVB est bien de relancer une demande en berne alors même qu'il agit également sur l'offre par le biais d'une régulations des volumes, d'une campagne de distillation et, surtout, d'un plan d'arrachage d'une partie du vignoble. Ce dispositif, officiellement présenté comme sanitaire, vise à arracher autour de 9.500 hectares de vignes de manière définitive grâce à une enveloppe de 57 millions d'euros abondé par l'Etat (38 millions pour la renaturation des parcelles) et l'interprofession (19 millions pour la diversification agricole).