Quelques signes sont positifs sur l'aval au niveau national : près plusieurs années de baisse, la consommation de produits bio tend à se stabiliser. « À l'exception de la grande distribution, tous les circuits de vente sont en croissance en valeur. En particulier, la vente directe progresse et pèse désormais 14 % des ventes. En parallèle, il y a une progression de 2,2 % des magasins bio en chiffres d'affaires. En revanche, la grande distribution est en repli de 4 % en valeur et de 12 % en volume par rapport à 2022. Cela s'explique par une baisse de l'offre et les éventuels déréférencements », explique Philippe Leymat, président de l'association Interbio Nouvelle-Aquitaine.
Ces signaux positifs après deux années de baisse de la consommation ne doivent toutefois pas cacher la détresse côté production. Si la Nouvelle-Aquitaine reste la deuxième région de France pour la surface agricole bio avec 13,6 % de fermes, et des installations en bio encore nombreuses en 2023 (30 %), Hugues Bonnefond, président de la commission régionale AB des Chambres d'agriculture, reçoit beaucoup d'appels d'agriculteurs en grande difficulté.
« Si nous ne le faisons pas, il y aura un manque de produits bio au niveau national à partir de 2025 ou 2026 », alerte également Guy Moreau, président de Bio Nouvelle-Aquitaine.