REPORTAGE. Du 22 janvier au 20 février, la pêche dans le golfe de Gascogne est interdite pour plus de 300 bateaux français afin de protéger dauphins et marsouins. Sur l'île d'Oléron, la filière locale se résout à tourner au ralenti en attendant une décision concertée.À deux jours de la fermeture, c'est le chassé-croisé au port de La Cotinière, sur l'île d'Oléron. Aucun touriste en cette saison, seulement des bateaux de pêche. Ceux qui reviennent à la criée sont chargés de soles, de bars de ligne ou de lottes ; ceux qui s'en vont défier la houle atlantique veulent faire le plein une dernière fois.
Par le beau temps d'hiver, la plupart des bateaux de plus de huit mètres équipés de filets se sont empressés de prendre la mer. Sur les 80 embarcations rattachées au port de Charente-Maritime, une trentaine va devoir couper le moteur pour quatre semaines. La petite cité de pêche, avec ses trois bassins gardés par une digue et son église Notre-Dame des flots, va en partie devenir musée à ciel ouvert.
« Je ne veux pas vivre seulement du tourisme, s'inquiète le maire de Saint-Pierre-d'Oléron et conseiller départemental, Christophe Sueur. On impose à des entreprises artisanales un arrêt pour des raisons qui restent dans le monde de l'inconnu. De quoi les dauphins meurent-ils ? On n'en sait rien ! En période hivernale, c'est déjà compliqué d'aller en mer. Cet arrêt brutal n'honore pas ceux qui font des efforts pour éviter les accidents », déplore-t-il depuis la criée refaite à neuf en 2022. Selon le comité national des pêches, plus de 300 bateaux français sont concernés par l'arrêt.
Répit pour les poissons
Maxime Giraudeau, à Oléron