Une audience en pleine période d'élection des chambres d'agriculture. Le 23 février, le tribunal administratif de Bordeaux a été le théâtre d'un énième chapitre juridique dans l'histoire conflictuelle du lac de Caussade (Lot-et-Garonne). À l'ordre du jour, les trois associations environnementales requérantes France Nature Environnement, Sepanso et Sepanlog réclament à l'État un total de 230.000 euros d'indemnités pour couvrir le préjudice écologique subit depuis l'apparition du lac de Caussade.
Cette réserve d'eau à usage agricole a été construite illégalement en 2019 par les membres de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne, aux manettes de la chambre d'agriculture départementale. Un lac de barrage d'une capacité d'un petit million de m3 destiné à irriguer les cultures fruitières d'une trentaine d'exploitations... mais dépourvu de tout cadre juridique. En octobre 2018, l'arrêté autorisant la construction de l'ouvrage avait été suspendu en référé, quelques mois après avoir été délivré par la préfète du Lot-et-Garonne.
« Maintes décisions de justice sont venues confirmer l'illégalité de cet ouvrage qui, six ans après, ne dispose toujours d'aucune existence juridique », attaque l'avocate des associations, Julie Rover, qui accuse un « État amorphe incapable de faire respecter l'état de droit ». Les multiples mises en demeure envoyées à la Chambre d'agriculture, financeuse des travaux, n'ont jamais été suivies d'effets. Le lac reste dépourvu d'autorisation environnementale et fait peser un risque de sécurité pour 70 habitations en aval en raison de défauts de construction.