Loin des tensions et violences engendrées par la manifestation de milliers de personnes au printemps 2023, c'est un oiseau migrateur méconnu qui pourrait décider de l'avenir de la bassine de Sainte-Soline et de quinze autres retenues d'eau à usage agricole situés dans les Deux-Sèvres. C'est l'information à retenir de l'audience qui s'est tenue ce 3 décembre devant la cour administrative d'appel de Bordeaux, examinant le recours d'associations environnementales.
L'outarde canepetière est l'un des 18 volatiles en danger critique d'extinction à court terme en France. Et pour cause : sa population a diminué de 96 % entre 1980 et 2000 pour tomber à moins de 900 individus en Europe aujourd'hui. Or l'immense majorité de ces volatiles nichent dans les espaces naturels sensibles du Poitou-Charentes où sont notamment situées les bassines ciblées par des recours d'associations de défense de l'environnement.
La survie de cette espèce pourrait donc constituer un caillou de taille dans la chaussure de la Coop de l'eau des Deux-Sèvres qui porte ce projet de 16 bassines, que l'on remplit l'hiver en pompant dans les nappes afin de pouvoir irriguer en été. Quatre d'entre elles, dont celle de Sainte-Soline, sont en effet situées dans des zones à très forte sensibilité pour l'outarde canepetière. Or ces irrigants ne disposent toujours pas, à ce stade, d'une dérogation à l'interdiction de destruction des espèces protégées (DEP) relative à l'outarde canepetière, comme l'a rappelé le rapporteur public devant la cour.