Le vignoble de Cognac présente son intrigant dispositif d'arrachage temporaire
Maxime Giraudeau, à Segonzac (Charente)
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Il a fallu rajouter des chaises pour asseoir tout le monde. Et ça n'a pas suffit. Ce 18 février, près de 200 personnes se sont pressées à Segonzac, en Charente, au cœur de la Grande Champagne (1er cru du cognac), pour assister à la présentation du dispositif d'arrachage temporaire des vignes. Ou plutôt du « mécanisme d'adaptation du vignoble » comme l'ont échafaudé l'interprofession du cognac et l'Union générale des viticulteurs pour l'AOC Cognac (UGVC).
La nuance a son importance. « Ce système ne consiste pas à moins produire de cognac, il vous permet de vous adapter à une demande plus faible », tente Stéphane Roy, administrateur de l'union devant un public très attentif. Les domaines qui le souhaitent pourront arracher des hectares de vignes en contrepartie de deux avantages : bénéficier d'une surface équivalente en droits de plantation et d'un rendement à l'hectare exceptionnellement plus élevé. Produire autant en volume d'eau-de-vie sur moins de surface donc. Et sans demander de subvention ni à l'État ni à l'Europe.
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Les volontaires verront le rendement annuel cognac être augmenté sur leur domaine restant. Et ce dans la limite de 12 hectolitres d'alcool pur par hectare. Le dispositif, validé le 6 février à l'unanimité par le comité de l'Inao (Institut national de l'origine et de la qualité), est valable dès la saison 2025 et le sera jusqu'en 2030. La modification temporaire du cahier des charges de l'AOC Cognac pourrait ensuite être convertie en modification permanente pour permettre au vignoble d'être très flexible dans la gestion des crises conjoncturelles. La réduction envisagée des surfaces est bien temporaire puisque les droits de plantation qui en découlent sont à mettre en culture sous cinq ans, contrairement aux autres vignobles français qui choisissent l'arrachage définitif.
Maxime Giraudeau, à Segonzac (Charente)