Les exportations de vins et spiritueux tricolores enregistrent un nouveau repli en valeur en 2024, malgré des volumes stables. La filière appelle à un sursaut politique face aux menaces de guerre commerciale avec les États-Unis et la Chine.« La filière des vins et spiritueux est touchée, mais pas coulée. Les records à l'export ne sont ni acquis ni immuables : il faut prendre conscience qu'il se passe quelque chose de pas très agréable », lâche Gabriel Picard, le président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS), ce mardi 11 février, lors de la présentation des chiffres annuels de la filière.
Et, comme l'an dernier, ils ne sont pas bons : les exportations tricolores de vins et spiritueux diminuent de 4 % en valeur, à 15,6 milliards d'euros, et se stabilisent tout juste en volume avec 173,9 millions de caisses expédiées (-0,1 %). En 2023, le recul était de 6% en valeur et 10 % en volume.
Un pivot pour la filière
« C'est une année objectivement assez compliquée. En trois ans, nous avons perdu 29 millions de caisses à l'export. C'est l'équivalent des exportations cumulées annuelles de bordeaux et de bourgogne ou de champagne et de cognac, c'est considérable », poursuit Gabriel Picard. Car après douze années de croissance, à l'exception du trou d'air du Covid, l'érosion des ventes à l'export se confirme désormais. En deux ans, le décrochage dépasse ainsi 9 % en valeur.
Les vins et spiritueux font face à une baisse globale et structurelle de la consommation d'alcool, particulièrement marquée pour le vin rouge, et à des tensions douanières et tarifaires, a priori plus structurelles, aux États-Unis et en Chine, deux marchés stratégiques. La filière reste néanmoins l'une des rares contributrices nettes à la balance commerciale tricolore derrière l'aéronautique (28,7 milliards d'euros, en baisse de 6,8 %) et les parfums et cosmétiques (17,3 milliards d'euros, en hausse de 5,5 %).