Les manoeuvres comptables de Vivendi, selon Le Monde

Le quotidien vespéral publie aujourd'hui en Une des révélations, confirmées par la COB, qui sont susceptibles de jetter le doute sur la sincérité des comptes de Vivendi Universal tout en impliquant, une fois encore après les affaires Enron et WorldCom, le cabinet d'audit Andersen. Suite à cette publication, Vivendi Universal a publié un communiqué, affirmant qu'il a respecté totalement les règlements boursiers américains et français. L'affaire date d'octobre 2001 au moment du rapprochement entre Vivendi, Canal Plus et Seagram. Pour se conformer aux réglementations européennes anti-trust, VU doit céder sa participation dans le bouquet satellite britannique BSkyB, soit 400 millions de titres.Le géant des médias se pose la question de consolider ou non cette cession dans ses comptes 2001, au risque d'aggraver une situation financière déjà difficile. En résumé, la prise en compte de l'opération est susceptible, à l'époque, de faire basculer les comptes de VU dans le rouge.Désireuse d'éviter cela, la société et ses cabinets conseils tiennent, le 16 novembre 2001, une réunion au siège de la COB pour décider de la marche à suivre. Cette réunion rassemble, selon Le Monde, deux auditeurs du cabinet Andersen, deux du cabinet Salustro ainsi que le chef économiste de la COB. Il en ressort que VU est bien dans l'obligation de consolider les comptes. Mais la direction du groupe ne l'entend pas ainsi et charge le cabinet Andersen de trouver un montage comptable plus favorable, affirme Le Monde qui s'est procuré la note rédigée alors par Andersen. Résultat: la mise au point d'une présentation comptable "permettant au groupe de bénéficier tout à la fois des avantages comptables français, des avantages comptables américains et des avantages fiscaux britanniques", rapporte le Monde, citant une source à la COB.Mais certaines personnalités du cabinet Salustro s'émeuvent de ce projet et alertent la COB. Une autre réunion est alors organisée, au cours de laquelle la COB se range à l'avis du cabinet Salustro: Vivendi doit abandonner le montage et se plier aux règles. Messier "proteste énergiquement", selon Le Monde, mais cède. Cependant, le chef de la doctrine de Salustro, qui avait levé le lièvre, est rapidement licencié par sa hiérarchie... avant d'être réintégré suite à une intervention de la COB.Cette guerre secrète a certes vu la victoire du droit sur la volonté du plus fort. Mais elle est révélatrice de l'état d'esprit au sein de Vivendi Universal et n'est pas pour rassurer les marchés sur la transparence, la qualité et la véracité des comptes des grandes entreprises.Après les affaires Enron et WorldCom, il aurait pu y avoir un scandale français d'envergure comparable. Le départ de Jean-Marie Messier reste, de ce point de vue, un vecteur d'inquiétudes plus que de soulagement.

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