L'Europe pèsera sur les comptes d'Intel

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Un marché des PC toujours atone, surtout en Europe, et c'est l'ensemble du secteur de la haute technologie qui accuse le coup. La révision à la baisse des perspectives trimestrielles a jeté un froid jeudi soir. Le groupe américain a en effet annoncé que son chiffre d'affaires pour le trimestre en cours, initialement attendu entre 6,4 et 7 milliards de dollars, ne devraient finalement atteindre que 6,2 à 6,5 milliards.Pour se justifier, Intel met en avant une erreur d'appréciation concernant le marché européen. "Nous sommes assez nettement en-dessous de ce à quoi nous nous attendions en Europe", s'est défendu Andy Briant, le directeur financier, lors d'une téléconférence. Mais il a tenu à souligner que le deuxième trimestre n'était pas "énormément" plus mauvais que le chiffre d'affaires historique sur la même période.Du côté des produits, les ventes de microprocesseurs "sont dans le bas de la fourchette de leur normale saisonnière", a noté Andy Briant, tandis que pour les autres puces, le groupe se dit en ligne avec les attentes.Si la société ne s'est pas voulue alarmiste, l'ajustement est néanmoins conséquent. Car le chiffre d'affaires sera inférieur à celui du premier trimestre, lequel était ressorti à 6,781 milliards de dollars. Toutefois, certains avaient déjà entrevu l'hypothèse d'une déception. C'est le cas de Lehman Brothers qui, bien avant cet avertissement, tablait sur un chiffre d'affaires dans le bas de la fourchette initiale, autour de 6,4 milliards de dollars.Ces difficultés commerciales auront évidemment un impact sur la rentabilité de la société. Et dans ce domaine, Intel se voit contraint de pratiquer une sorte de "samba" avec un pas en avant et deux pas en arrière. Le pas en avant avait été fait en mars, au cours de la présentation des résultats du premier trimestre. Le groupe avait alors relevé de 51,3 à 53% sa prévision de marge brute pour le deuxième trimestre (voir ci-contre). Hier, il a fait machine arrière puisqu'il n'espère plus qu'une marge de 49% "à deux points de pourcentage près".Les analystes financiers ont tiré les conséquences de ces mauvaises nouvelles, dans le sillage de Merrill Lynch, qui avait ramené dès jeudi à "neutre" sa recommandation à court terme. Vendredi, JP Morgan a ramené son jugement à "performance en ligne avec le marché" contre "achat long terme". Quant à Crédit Suisse First Boston, il abaisse son objectif de cours sur le titre à 32 dollars, contre 39 auparavant. Seul parmi les grands bureaux d'analyse, Salomon Smith Barney reste à l'achat sur Intel avec un objectif de 45 dollars. A Wall Street, à la mi-séance l'action Intel chutait de 18,15% à 22,10 dollars. Au même moment, l'indice composite du Nasdaq reculait de 2,42% à 1.517,26 points, pas loin de son plus bas niveau depuis le début du mois d'octobre. Et le Dow Jones (dont fait partie Intel) abandonnait 0,95% à 9.532,77 points.

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