HypoVereinsbank a traversé "la pire année de son histoire"

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Dans les annales de HypoVereinsbank, 2002 restera sans doute comme "la pire année de son histoire" selon les termes même de son patron, Dieter Rampl.Pour la première fois, la deuxième banque allemande a enregistré en 2002 une perte nette, d'un montant de 858 millions d'euros contre un bénéfice de 938 millions en 2001. Un résultat pire que celui escompté par les analystes, qui tablaient sur une perte nette de 372 millions d'euros en moyenne, selon l'AFP. HypoVereinsbank affiche en outre une perte avant impôts de 821 millions d'euros - Fideuram Wargny anticipait 517 millions - contre un bénéfice de 1,5 milliard en 2001.Les revenus de HVB montrent une évolution inquiétante. Les produits sur intérêts, principale source de recettes de la banque, ont ainsi chuté de 9,3 % sur un an, à 6,65 milliards d'euros, tandis que les produits sur commissions perdaient 6,7 % à 2,68 milliards d'euros."En raison de la situation peu satisfaisante de nos revenus, nous ne verserons pas de dividende" au titre de l'exercice écoulé, a prévenu la banque dans un communiqué. Mais en marge de la présentation des résultats, ce mercredi, Dieter Rampl a pourtant risqué un pronostic optimiste : "le pire est derrière nous" a-t-il affirmé, au regard du résultat opérationnel du quatrième trimestre.HVB a en effet réussi au quatrième trimestre dernier à limiter sa perte opérationnelle (hors exceptionnels) à 195 millions d'euros, contre une perte de 684 millions au trimestre précédent. Le troisième trimestre 2002 avait en effet été désastreux pour HVB : le groupe bavarois avait alors enregistré la première perte nette trimestrielle de son histoire, à -360 millions d'euros, contre un bénéfice de 68 millions un an plus tôt. Là aussi, les chiffres étaient pires que ce qu'attendaient les analystes. Sur les neuf premiers mois de l'année, les provisions avaient bondi de 85,5 % par rapport à 2001 et atteignaient 2,48 milliards d'euros.La dégradation des performances avait été ressentie au niveau du rendement des fonds propres, passé de 6 à 1,8% entre juin et septembre. Ces chiffres sombres du troisième trimestre ont donc lourdement pesé sur les résultats annuels du groupe. Comme toutes les grandes banques allemandes, HypoVereinsbank a pâti de la baisse continue des cours boursiers. Mais la deuxième banque allemande a surtout souffert de l'accumulation des faillites d'entreprises allemandes, en raison de son portefeuille de crédits, le plus volumineux d'Europe. Sur l'ensemble 2002, la banque a du passer 3,8 milliards d'euros de provisions contre les risques de crédit. HVB est également handicapée par la mauvaise santé de son courtier en ligne, DAB Bank, qu'elle veut réorganiser. Après avoir cédé la filiale française de DAB Bank, Selftrade, ainsi que son antenne en Suisse, HVB pourrait intégrer son courtier en ligne au sein de ses propres activités. Aussi, le nouveau patron de la banque, Dieter Rampl, a présenté un plan de réorganisation d'urgence en janvier dernier, avant la publication des résultats finaux, affirmant que la banque n'avait "pas de temps à perdre". Il a saisi l'occasion pour doucher les spéculations d'une fusion avec sa concurrente Commerzbank. "Pour le moment, nous avons plus important à faire", a-t-il déclaré, en détaillant les objectifs du groupe : réaliser cette année une amélioration durable de son résultat opérationnel. HVB vise une augmentation de son ratio de solvabilité sur fonds propres de base ("tier 1") jusqu'à 7 % d'ici à la fin de 2003.Première source d'économies : l'établissement a déjà taillé dans ses coûts de fonctionnement, qui ont baissé de 8,3 % en 2002 par rapport à 2001, à 7,07 milliards d'euros. Il veut en outre mener bataille contre les créances douteuses accumulées. HypoVereinsbank compte ainsi réduire d'un tiers le volume de son portefeuille d'actifs douteux, soit 100 milliards d'euros, d'ici à la fin de l'année.Le groupe bavarois souhaite ainsi externaliser l'essentiel de ses activités immobilières - car la branche hypothécaire plombe ses comptes - et les regrouper en filiale autonome. Mais la dotation d'une nouvelle société en fonds propres nécessiterait 1,5 milliard d'euros, une somme que HVB pourrait avoir du mal à rassembler, selon le Financial Times Deutschland paru ce mercredi.Les propos optimistes du patron de la deuxième banque allemande semblent avoir rassuré les marchés. Car, après avoir plongé de 2,84 % à l'ouverture de la Bourse de Francfort, l'action gagne 1,19 % à 11,05 euros à la clôture.

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