La guerre en Irak déprime les marchés financiers

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Une mauvaise séance de bout en bout. Le CAC 40 a passé la journée dans le rouge. Et finit en baisse de 2,32 % à 2.722,84 points. A New York, à l'heure où Paris ferme ses portes, le Dow Jones perd 1,02 % et le Nasdaq 0,87 %. A Londres, le FTSE 100 termine sur un repli de 1,68 % et, à Francfort, le Dax cède 1,65 %. L'euro se raffermit à 1,0717 dollar.Les marchés financiers sont minés par la perspective d'un enlisement du conflit en Irak et ses conséquences sur l'économie mondiale. Le président américain, George W. Bush, a annoncé ce soir que la guerre durera "aussi longtemps qu'il faut pour gagner". Déterminée, la coalition américano-britannique a d'ailleurs annoncé hier la mobilisation de 30.000 soldats supplémentaires. L'enlisement du conflit laisse planer un doute sur l'évolution de l'économie mondiale. Le Fonds monétaire international estime qu'une guerre prolongée en Irak pourrait saper la fragile reprise économique et renforcer encore un peu plus la morosité des marchés financiers.Les deux statistiques américaines du jour n'ont eu aucun effet. La croissance du produit intérieur brut américain (PIB) a été confirmée à 1,4 % au quatrième trimestre 2002. Par ailleurs, les demandes hebdomadaires d'allocations chômage ont baissé de 25.000 à 402.000 au cours de la semaine achevée le 22 mars, plus fortement que prévu. En France, le moral des industriels a baissé plus fortement que prévu en mars, de 97 à 94, les perspectives générales de production chutant même à des niveaux proches de leurs plus bas historiques.Mais surtout, la guerre en Irak commence déjà à affecter les sociétés françaises. Le transport aérien est le premier touché. Air France a prévenu hier soir qu'il réduisait ses capacités de 7 % et qu'il revoyait en baisse son programme d'investissement, en gelant notamment toutes les embauches et en retardant la livraison de 7 Airbus A320. La compagnie aérienne a également précisé qu'elle "n'était plus certaine de tenir son objectif d'un résultat d'exploitation supérieur à celui de l'an dernier". Le titre recule de 5,13 % à 9,25 euros. EADS perd 5,45 % à 7,81 euros. Les investisseurs craignent d'autres reports de commandes. Le fabricant d'avions se veut confiant et confirme son objectif de 300 livraisons d'appareils cette année.Renault lâche 5,54 % à 31,18 euros. Son concurrent Volkswagen s'attend à des "temps difficiles" en raison de la guerre en Irak. Ce matin, Carlos Ghosn, le président de Nissan, filiale à 44,4 % de Renault, a pourtant confirmé les objectifs financiers du constructeur automobile japonais. Les résultats de l'exercice 2002-2003 seront au minimum conformes aux objectifs. Le président de Nissan reconnaît toutefois que la croissance du marché automobile, aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe, devrait se situer dans le bas de la fourchette de prévision pour l'exercice 2003-2004.Aventis abandonne 4,40 % à 42,12 euros. Le titre reste pénalisé par la décision de son concurrent Dr Reddy's Laboratories Ltd de demander à la FDA américaine l'autorisation de commercialiser aux Etats-Unis la version générique de l'Allegra, le médicament phare du laboratoire français.Scor est sous pression, en baisse de 7,69 % à 3,60 euros. Le titre du réassureur français est affecté par les résultats décevants publiés ce matin par ses concurrents Munich Re et Swiss Re. Parmi les rares hausses, PPR gagne 2 % à 50 euros. Le titre du distributeur profite de la publication, par sa filiale Gucci, de résultats supérieurs aux attentes pour 2002. Le groupe de luxe a dégagé, l'année dernière, un résultat net de 226,8 millions d'euros, en baisse de 27 %.France Télécom rebondit de 3,03 % à 17,70 euros. L'offre du Crédit Agricole sur le Crédit Lyonnais débutera demain matin pour s'achever le 6 mai selon le prospectus de la Cob publiée aujourd'hui. Pour l'offre publique mixte à titre principal, la Banque verte propose 148,24 euros et 5 actions Crédit Agricole à émettre pour 4 actions Crédit Lyonnais. Pour l'offre publique d'achat à titre subsidiaire, elle propose de racheter au prix de 56 euros les titres Crédit Lyonnais. Enfin, et concernant l'offre publique d'échange à titre subsidiaire, elle propose 37 actions CASA à émettre pour 10 Crédit Lyonnais. Crédit Agricole cède 0,97 % à 14,31 euros, tandis que Crédit Lyonnais est inchangé à 54,10 euros.Enfin, Eramet grimpe de 1,91 % à 16 euros. Le groupe a renoué avec les bénéfices l'année dernière, dégageant un résultat net de 6 millions contre une perte de 3 millions en 2001. Le groupe va distribuer un dividende net de 1 euro par action. Pour 2003, le groupe attend une progression de son résultat d'exploitation au premier semestre par rapport à la même période de l'année précédente, à condition que le cours du nickel et que la parité euro / dollar se maintiennent sur les niveaux actuels.Olivier Pinaud Copyright Invest

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