Vous envisagez de travailler pour un hedge fund ? Vous n'êtes pas seul !

Trop beau pour être vrai ? Ça se pourrait mais en tout cas c'est le rêve que font des centaines de banquiers d'affaires quittant l'emploi stable de leur entreprise pour le monde vertigineux des start-ups en gestion alternative. Tendance que n'a pas démenti le public enthousiaste venu assister la semaine dernière à Londres à un séminaire sur la création de hedge fund. Ce séminaire organisé par la société de conseil en gestion alternative HedgeSupport, traitait des grands principes de gestion d'un hedge fund - qui fait quoi, quels sont les rôles des différents managers, etc. - comme des petits détails sur le cadre fiscal international ou sur le marketing d'un nouveau fonds auprès d'une sélection d'investisseurs. Le public captivé de 70 personnes se composait de banquiers souhaitant franchir le pas et de professionnels spécialistes du support aux hedge funds. Le boom de la gestion alternative est impressionnant. Le nombre de fonds suivis par la société Eurohedge est passé de 100 en 1998 à 517 l'an dernier. En Grande Bretagne, l'agrément d'un nouveau fonds par la Financial Services Authority peut prendre à peine trois mois et le processus est confidentiel - ce qui permet aux fondateurs de rester en poste jusqu'à la création du fonds sans que leur employeur ne l'apprenne. Il faut juste une stratégie et l'engagement de quelques investisseurs pour faire décoller l'entreprise. Parmi les participants il y a l'enthousiaste Laurent Leclercq qui est dans la gestion alternative depuis trois ans et demi - soit presque une éternité à l'échelle du boom de la gestion alternative. Il est sur le marché à la recherche d'un nouveau poste. Il a eu la chance d'entrer dans la gestion alternative quand la société de gestion d'actifs pour laquelle il travaillait a créé son hedge fund en 2000. Son expérience de la gestion d'actifs et sa bonne compréhension des processus d'investissement lui permettant de vendre intelligemment ce nouveau fonds aux investisseurs, on lui a proposé un poste de sales. 'La gestion alternative est le domaine le plus poussé de la finance, car contrairement à d'autres métiers, toutes les équipes support doivent comprendre ce que fait le gérant dans un hedge fund', témoigne Leclercq. 'En tant que commercial, je dois en savoir autant que le gérant. C'est un apprentissage de tous les jours, un challenge permanent.' Les autres participants commentent les motivations de ceux qui veulent monter leur propre fonds. 'Un gérant talentueux peut décider de quitter la banque qui l'emploie avec ses clients,' explique-t-on. 'Dans ce cas, il ne tient pas à ce que son employeur sache qu'il assiste à ce séminaire'. L'idée d'indépendance est peut-être un mythe, relativise un des participants qui envisage de sauter le pas : 'Beaucoup de banquiers d'affaires sont des personnalités de Type A. Ils pensent qu'ils contrôlent la situation mais ce n'est pas vraiment le cas'. 'Mais même si on n'est pas contrôlé par sa banque dans un hedge fund, on rend des comptes aux investisseurs. L'idée d'une totale indépendance est illusoire, les gens s'en rendent rapidement compte. Et c'est certainement une des raisons qui explique les nombreux départs des hedge funds.' D'autres ont le même avis. 'Beaucoup de gérants envisagent de monter leur fonds en se disant 'Oh oui, au départ j'aurai cent millions d'actifs à gérer'. La première chose que je réponds est 'êtes vous sûr d'avoir cent millions ?' explique Scott Wade, consultant en création de hedge fund chez HedgeSupport. Avant de quitter son entreprise, il faut être bien préparé et être capable de prendre de nouvelles responsabilités : marketing, relations investisseurs et manager une équipe dont le salaire dépend de votre performance. Et c'est bien de ce problème que Leclercq se sent victime. Il est à la recherche d'un nouveau poste tout simplement parce que le gérant de sa société est parti. 'Si vous travaillez pour Merrill Lynch et que le fonds s'écroule, ce n'est pas à cause de Merrill Lynch mais du type qui gérait le fonds. L'entreprise (et votre emploi) ne disparaît pas pour autant', explique Leclercq. Selon lui, beaucoup de gérants très sûrs de leurs compétences en gestion ne se rendent pas compte des responsabilités qui sont les leurs envers leurs salariés et les investisseurs en tant qu'entrepreneurs. Dans le cadre classique d'une banque, la structure fournit une sécurité et une protection en cas de crise. Leclercq, qui cherche avec enthousiasme un emploi, continue de penser que, de tous les métiers de la finance, c'est la gestion alternative qui offre le meilleur rendement performance/risque. 'Si vous envisagez de travailler pour un hedge fund, menez votre propre enquête tout comme le ferait un investisseur. Renseignez-vous sur le parcours du gérant, sur l'équipe, les performances du fond, sur la structure', conseille-t-il. 'C'est un petit milieu où tout le monde est très ouvert. La gestion alternative n'est pas plus risquée, c'est juste que les risques sont différents.'

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