L'Islande relève son taux directeur au niveau record de 14,25%

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Il s'agit de la dix-huitième hausse des taux en deux ans et demi. Exacerbée par l'affaiblissement de la couronne islandaise, l'inflation s'élevait encore à 7% en décembre en rythme annualisé, après avoir culminé à 8,6% en août.

La banque centrale islandaise a surpris les économistes en procédant ce matin à sa dix-huitième hausse de taux en deux ans et demi. Soucieuse de l'évolution de l'inflation, la Sedlabanki a relevé son taux directeur d'un quart de point au niveau record de 14,25%.

Si la majorité des économistes pensait que la banque centrale en avait fini avec l'ajustement de sa politique monétaire, celle-ci ne veut visiblement pas relâcher la pression. Au risque de faire traverser quelques trimestres de récession à l'économie islandaise.

Pour Paul Rawkins chez Fitch Ratings, la Sedlabanki "se trouve dans une situation très difficile". D'un côté, la progression de l'inflation est toujours largement supérieure à l'objectif de la banque centrale. Elle vise normalement un taux d'inflation de 2,5%, avec un plafond à 4%. Or comme l'a rappelé Arnor Sighvatsson, le chef économiste de la Sedlabanki, le creusement du déficit courant - il a atteint 80,8 milliards de couronnes (879 millions d'euros) au troisième trimestre, contre 41,4 milliards un an plus tôt - laisse anticiper un maintien des pressions inflationnistes à long terme.

De l'autre, la croissance économique a déjà commencé à se contracter, de 2,6 % (en glissement annuel) au deuxième trimestre à 0,8% au troisième, son niveau le plus bas depuis près de trois ans. "Il ne serait pas surprenant d'avoir quelques trimestres de croissance négative", prévient Paul Rawkins chez Fitch.

L'agence de notation avait mis le feu aux poudres le 21 février dernier, en assortissant la note du pays d'une perspective négative. Les investisseurs avaient alors pris conscience de la situation de surchauffe de l'économie islandaise et la couronne islandaise avait subi des attaques spéculatives qui l'avaient fait plonger de plus de 20% face à l'euro au premier semestre. La devise islandaise reste la devise qui a enregistré les plus importantes pertes face au dollar (-9,4%) et à l'euro (-18,5%) cette année.

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