La croissance allemande dopée par les investissements

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La croissance du produit intérieur brut allemand s'est bien élevée à 0,9% au deuxième trimestre, grâce au dynamisme du secteur de la construction et de l'investissement. Sur le premier semestre, l'Allemagne affiche un déficit public de 2,5% du PIB.

Les oscillations du thermomètre ont un impact insoupçonné sur la croissance allemande. Paralysé au premier trimestre par des températures excessivement fraîches, le secteur de la construction a redémarré en fanfare au deuxième trimestre, amenant la croissance allemande à un plus haut depuis cinq ans. Le produit intérieur brut (PIB) a atteint 0,9% au deuxième trimestre, confirmant ainsi les attentes et la première estimation publiée par l'Office fédéral de la statistique (Destatis). Au premier trimestre, la hausse du PIB n'avait été que de 0,7%. "Les impulsions pour la croissance au deuxième trimestre sont venues essentiellement de l'intérieur", indique Destatis. De quoi rassurer sur la pérennité de la croissance dans la première économie européenne. "Au premier semestre, la croissance annualisée s'élève à 3,2%", souligne Holger Shmieding, économiste chez Bank of America.

Les investissements ont ainsi progressé de 4,6% dans le secteur du bâtiment, et de 2,5% au total dans les équipements comparé au trimestre précédent. Les dépenses d'investissement ont contribué à hauteur de 0,6 point à la croissance, les stocks à hauteur de 0,5 point et le commerce extérieur à hauteur de 0,1 point. Il faut dire que l'appréciation de l'euro de 8% a pénalisé les exportations allemandes, en croissance de 0,7% seulement contre 4,9% au premier trimestre. La consommation domestique reste à la peine, en recul de 0,4% contre une hausse de 1,1% au premier trimestre.

L'Allemagne semble également bien partie cette année pour rentrer enfin dans les critères du Pacte de stabilité européen limitant les déficits publics en zone euro à 3% du PIB. En effet, le déficit public du pays a atteint 28,2 milliards d'euros à l'issue du premier semestre 2006, soit 2,5% du PIB. A titre de comparaison, à l'issue des six premiers mois de 2005, le déficit public de l'Allemagne était de 40,5 milliards, soit 3,7% du PIB. La première économie européenne avait fini l'année avec un déficit à 3,3% du PIB. Le pays enfreint le Pacte de stabilité depuis 2002.

Officiellement, le gouvernement table encore sur un déficit à 3,1% cette année. Mais beaucoup d'économistes sont plus optimistes et prévoient un retour sous le seuil de 3%. Le ministre allemand des Finances, le social-démocrate Peer Steinbrück, avait lui même évoqué début juillet une "probabilité élevée" que le déficit public repasse dès cette année sous 3%.


L'IFO recule moins que prévu en juillet
L'indice IFO du climat des affaires outre-Rhin s'est élevé à 105 en août contre 105,5 le mois précédent et 104,8 attendus par les économistes du consensus compilé par Bloomberg. En recul pour le deuxième mois consécutif, l'indice reflète à la fois la hausse des taux, la perspective de la hausse de trois points de la TVA en 2007 et le recul de la croissance économique globale. Mardi, l'indice Zew qui mesure la confiance des investisseurs s'est effondré en territoire négatif. Dans un cas comme dans l'autre, ce sont les attentes des investisseurs qui se sont écroulées, alors que leur perception de la situation actuelle reste bonne. Mais la crainte de voir la croissance nettement reculer n'est pour certains pas justifiée. "Mais il faudrait davantage qu'un ralentissement de l'économie américaine pour mettre à mal la croissance allemande, qui devrait continuer sa progression à son rythme de croisière", estime Holger Shmieding, économiste chez Bank of America.

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