Le pétrole continue de remonter au-dessus des 57 dollars

Les stocks de fioul se creusent aux Etats-Unis. Le brut gagne 0,7% à New York, confirmant son envol de la veille. Les fonds d'investissements repasseraient à l'achat en prévision d'une réduction de la production des pays de l'Opep.

Les cours du brut, poursuivent leur ascension à New York après le point hebdomadaire des Etats-Unis sur le niveau de leurs stocks pétroliers. Le baril de WTI - dont le prix avait explosé de 5,5% hier, du jamais vu depuis septembre 2005 - continue de gagner 0,7% à 57,40 dollars. A Londres cependant, le cours du baril de Brent reste stable à 56,30 dollars.

Les stocks de pétrole (en hausse de 2,7 millions de barils) et d'essence (qui se sont renforcés de 3,8 millions) se sont accrus plus qu'attendu la semaine dernière, ce qui aurait dû normalement permettre aux cours de redescendre. Ainsi, la réaction initiale du marché a été de permettre aux cours de se tasser de 1 dollar à New York dans la demi-heure ayant suivi le point sur l'état de ces réserves par le Département américain de l'Energie.

Cet effet a cependant été rapidement contrebalancé par l'annonce de stocks de produits distillés - parmi lesquels figurent ceux de fioul domestique, dont le niveau dépend directement de la météo - se creusant de 2,6 millions de barils, une baisse plus importante que prévu. Les chiffres officiels montrent également que sur la semaine écoulée, la consommation totale d'hydrocarbures s'est accrue de 2,5% en Amérique.

Les besoins de chauffage liés retour de l'hiver et de températures plus conformes aux normales saisonnières, en particulier dans le Nord Est du pays, ont conduit à puiser dans des stocks de mazout qui n'avaient eu de cesse de progresser au cours des deux derniers mois.

L'annonce, ce matin, d'une croissance économique atteignant 3,5 % aux Etats-Unis, a également rappelé au marché que la demande de la principale source d'énergie de la planète avait tout lieu de rester forte.

La hausse du prix du baril à New York s'explique également par les prises de position des fonds spéculatif à la veille de la mise en oeuvre, demain, par l'Opep, de sa décision de réduire une nouvelle fois sa production, afin de stabiliser les cours du brut à leurs niveaux actuels. Les dix membres actifs de ce cartel ayant la haute main sur les deux cinquièmes des approvisionnements pétroliers mondiaux ont en effet prévu depuis le mois dernier de réduire leur production quotidienne commune de 0,5 million de barils. "Le consensus [parmi les membres] s'est formé en faveur d'une mise en oeuvre des réductions de production annoncée précédemment, plutôt que d'annoncer des coupes supplémentaires" a confirmé à l'agence Reuters Edmund Daukoru, ministre nigérian du pétrole - et ex-secrétaire général de l'organisation.

Après des semaines de baisse des cours du pétrole - brièvement passés sous la barre des 50 dollars mi-janvier, en raison des paris à la baisse pris par un grand nombre de fonds spéculatifs - "on observe, sans nul doute possible, un basculement du sentiment sur le marché" notait ce matin les spécialistes de l'énergie au sein de Fimat. La décision de l'Arabie Saoudite de prendre à sa charge une réduction de 0,16 million de baril de la production du cartel avait déjà nourri l'envolée de plus de 5% des cours. Ceci "pourrait quelque peu redorer la crédibilité du cartel, une condition sine qua non pour attirer à nouveau les investisseurs institutionnel sur les marchés de l'énergie", poursuivent ces derniers. Combiné aux réductions - concrète - de l'Arabie Saoudite, au temps plus froid aux Etats-Unis et à l'escalade des tensions au Moyen Orient, ce dernier facteur contribue à nourrir la hausse du brut.

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