La découverte résulte du forage d’un puits d’exploration ayant révélé une colonne d’hydrocarbures d’environ 160 m dans des réservoirs de bonne qualité.
Dans un pays où le pétrole structure une grande partie des revenus extérieurs, la baisse progressive de la production met sous pression les équilibres économiques. Les autorités cherchent à inverser cette tendance en misant sur des projets rapides et en s’appuyant sur les opérateurs déjà présents.
TotalEnergies a annoncé ce 13 avril une découverte d’hydrocarbures au large de la République du Congo. Réalisée sur le permis Moho, elle survient alors que le pays affiche son ambition de relancer sa production pétrolière après plusieurs années de déclin.
Une découverte intégrée à un site déjà en production
La découverte résulte du forage d’un puits d’exploration visant une structure située dans le périmètre du permis Moho. Selon l’entreprise, le puits a révélé une colonne d’hydrocarbures d’environ 160 mètres dans des réservoirs de bonne qualité.
Les ressources associées, combinées à une précédente découverte à proximité, sont estimées à près de 100 millions de barils récupérables. Leur développement devrait s’appuyer sur un raccordement aux installations existantes du champ Moho.
« Cette nouvelle découverte sur la licence de Moho bénéficie de sa proximité avec les infrastructures de production existantes, permettant un développement à cycle court et à faible coût », a déclaré Nicola Mavilla, directeur Exploration de TotalEnergies qui, faut-il le rappeler, détient 63,5 % du permis et aux côtés de Trident Energy (21,5%) et de la Société Nationale des Pétroles du Congo (15%).
Une stratégie d’extension autour d’un actif clé
Cette découverte s’inscrit dans une dynamique de recentrage de TotalEnergies autour du champ de Moho, l’un de ses principaux actifs dans le pays. En 2024, le groupe a accru sa participation dans ce permis offshore tout en cédant des actifs plus anciens (Nkossa et Nsoko II), dans le cadre d’un accord conclu avec son partenaire Trident Energy. « Conformément à notre stratégie, nous privilégions les actifs à faibles coûts et faibles émissions et tirons parti de notre expertise dans l’offshore profond », avait déclaré l’entreprise lors de l’annonce de la transaction.
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Dans le prolongement, TotalEnergies a obtenu en septembre 2025 un nouveau permis d’exploration situé à proximité de Moho. Dénommé Nzombo, la licence couvre une superficie d’environ 1 000 kilomètres carrés. La compagnie prévoit d’y mener rapidement un programme de forage, avec comme objectif d’identifier de nouveaux volumes.
Une relance attendue dans un secteur en difficulté
Ces développements surviennent dans un contexte où la production pétrolière du Congo a décliné ces dernières années après avoir atteint un pic de 350 000 b/j en 2019. Alors qu’elle oscille actuellement autour de 267 000 barils par jour, les autorités veulent doubler ces chiffres et atteindre le cap des 500 000 b/j.
« Nous pouvons augmenter la production de plus de 50%. Nous avons des opportunités sur terre, en mer et dans les friches industrielles. Nous devrions atteindre cet objectif dans les trois prochaines années », a déclaré le ministre des Hydrocarbures Bruno Jean Richard Itoua, en marge de la première édition du Congo Energy & Investment Forum en mars 2025.
Pour concrétiser cette ambition, les autorités comptent s’appuyer sur plusieurs leviers, notamment l’optimisation des champs existants et le lancement de nouveaux forages. Les compagnies internationales présentes sont appelées à jouer un rôle central dans cette stratégie.
Aux côtés de TotalEnergies, présente depuis la fin des années 1960, d’autres opérateurs sont engagés dans cette dynamique, en l’occurrence la multinationale Perenco ou encore le chinois Wing Wah. S’il est aujourd’hui un peu plus actif dans le gaz, l’italien Eni détient aussi des actifs pétroliers dans le pays et prévoit de porter sa production de brut de 70 000 barils équivalent pétrole par jour en 2025 à 110 000 cette année.
Reste à voir si ces entreprises maintiendront le niveau d’investissement nécessaire dans les années à venir et si ces différentes initiatives permettront d’enrayer durablement le déclin de la production congolaise de pétrole. Selon les données de la direction générale du trésor français, le pétrole a généré un peu plus de la moitié des recettes budgétaires et près de 90 % des recettes d’exportation en 2024.