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La Tribune Afrique

Sénégal : après un pic fin 2025, le commerce extérieur cale en janvier sous l’effet du recul des exportations

Photo de Moutiou Adjibi Nourou

Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

Publié le 18 mars 2026 à 19:57

La balance commerciale sénégalaise a basculé d’un excédent de 428 millions € en décembre 2025, à un déficit de 171 millions € en janvier 2026.

La balance commerciale sénégalaise a basculé d’un excédent de 428 millions € en décembre 2025, à un déficit de 171 millions € en janvier 2026.

Photo DR

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Portées en 2025 par le boom des hydrocarbures, les performances commerciales du Sénégal montrent des signes de volatilité en ce début d’année 2026, illustrant l’exposition de l’économie aux produits extractifs.

Au Sénégal, la balance commerciale a basculé d’un excédent de 280,5 milliards FCFA (environ 427,6 millions d’euros) en décembre 2025, à un déficit de 112,2 milliards FCFA (environ 171 millions d’euros) en janvier 2026, selon les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD). Ce retournement survient après une fin d’année particulièrement dynamique, marquée par une forte progression des exportations, portée par les hydrocarbures et les ressources minières.

Un effet de correction après un pic en décembre

Sur l’ensemble de l’année 2025, les exportations sénégalaises se sont établies à 5 935,2 milliards FCFA (environ 9 milliards d’euros), contre 7 279,1 milliards FCFA (environ 11,1 milliards d’euros) d’importations, confirmant un déficit commercial structurel malgré une nette amélioration des recettes extérieures.

Les exportations ont progressé de 51,8 % par rapport à 2024, soutenues par les ventes d’or non monétaire, d’huiles brutes de pétrole et de produits pétroliers raffinés. Cette dynamique s’est intensifiée en décembre, avec un bond de 155 % sur un mois, portant les exportations à 825,3 milliards FCFA (environ 1,26 milliard d’euros).

Dans ce contexte, la baisse observée en janvier apparaît en partie comme un effet de correction après ce pic de fin d’année.

Recul des exportatations et baisse des importations

En janvier 2026, les exportations ont chuté de moitié, à 412,6 milliards FCFA (environ 629 millions d’euros). Selon l’ANSD, ce repli s’explique principalement par la baisse des ventes d’or non monétaire, de produits pétroliers raffinés et de gaz naturel liquéfié.

Cette évolution met en évidence la forte dépendance du commerce extérieur sénégalais aux matières premières. Elle a toutefois été partiellement atténuée par la progression des exportations d’huile brute de pétrole et de certains produits alimentaires.

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En glissement annuel, les exportations restent néanmoins en hausse de 7,8%. Les principaux clients du pays demeurent le Mali, la Suisse, les Pays-Bas, l’Italie et la Chine, tandis que les ventes à l’étranger restent dominées par le pétrole brut, l’or non monétaire et les produits pétroliers raffinés. Les importations ont, de leur côté, reculé de 3,7 % sur un mois, à 524,8 milliards FCFA (environ 800 millions d’euros), en raison notamment de la baisse des achats de métaux, de céréales et de machines. Ce recul n’a toutefois pas suffi à compenser la chute plus marquée des exportations, entraînant le retour du déficit commercial.

Sur l’ensemble de 2025, elles avaient progressé de 1,6 %, traduisant une relative stabilisation des achats extérieurs malgré la hausse globale des échanges. Les principaux fournisseurs restent la Chine, la France, le Nigeria, la Russie et les Émirats arabes unis, avec une structure dominée par les produits énergétiques, les équipements et les denrées alimentaires comme le riz.

Une dynamique portée par les hydrocarbures, mais sous surveillance

Ces évolutions surviennent dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques susceptibles d’accentuer la volatilité des prix des matières premières. Elles s’inscrivent dans une trajectoire économique globalement favorable. Selon le Fonds monétaire international (FMI), l’économie sénégalaise est restée « résiliente » en 2025, soutenue par le démarrage de la production pétrolière et gazière, et par la reprise agricole, avec une croissance estimée à 7,9 % et une inflation contenue.

Mais cette dynamique s’accompagne de fragilités. Le FMI souligne la nécessité de poursuivre les réformes en matière de gestion de la dette, de gouvernance et de discipline budgétaire, dans un contexte de besoins de financement élevés. Dans ce cadre, le retournement du solde commercial en début d’année illustre un enjeu central pour le pays : transformer le boom des hydrocarbures en levier de croissance durable, sans accentuer sa vulnérabilité aux chocs externes ni ses déséquilibres macroéconomiques.

Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

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