Energie : la Centrafrique sollicite l’expertise russe sur fond de rapprochement stratégique

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra et le président russe Vladimir Poutine lors de leur rencontre au Kremlin à Moscou.
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Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra et le président russe Vladimir Poutine lors de leur rencontre au Kremlin à Moscou.
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Arrivé à Moscou le 4 mars pour une visite de travail, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a rencontré Vladimir Poutine au Kremlin, le lendemain. Il a demandé l’appui de la Russie pour faire face aux « graves problèmes énergétiques » de son pays. « La Centrafrique est confrontée à un défi majeur dans le domaine de l’énergie, et la Russie dispose d’une grande expertise dans ce secteur », a-t-il souligné.
À ce stade, aucune indication précise n’a été donnée sur la nature de la coopération envisagée par Bangui dans le secteur de l’énergie. Cette demande intervient dans un contexte où moins de 20% des quelque 5,6 millions d’habitants de la République centrafricaine disposent d’un accès à l’électricité.
La République centrafricaine fait partie des pays africains où l’accès à l’électricité reste limité et dépend principalement de capacités hydroélectriques modestes et de groupes électrogènes fonctionnant au carburant. L’essentiel de l’approvisionnement se concentre à Bangui et dans quelques centres urbains, tandis que les zones rurales restent très peu desservies.
Les autorités visent un taux d’accès de 50% à l’horizon 2030, en misant notamment sur une politique de déploiement de mini-réseaux solaires, le renforcement des infrastructures électriques et des projets d’énergies renouvelables. Des projets soutenus par la Banque mondiale ont également contribué au développement du secteur ces dernières années, comme la mise en activité en 2023 de la centrale solaire de Danzi (25 MW).
Depuis 2018, la Russie s’est imposée comme l’un des principaux partenaires de la République centrafricaine, en particulier dans le domaine sécuritaire. Lors de la rencontre, le président Faustin-Archange Touadéra a salué le rôle de la Russie dans la stabilisation du pays, ainsi que son appui à l’organisation de l’élection présidentielle de décembre dernier, à l’issue de laquelle il a été réélu pour un nouveau mandat de sept ans.
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Selon lui, la présence des forces russes a contribué à sécuriser le scrutin. Il a également remercié Moscou pour les récentes livraisons d’aide, comprenant des cargaisons de céréales et environ 30 000 tonnes de carburant.
Le président russe Vladimir Poutine a également annoncé la création prochaine d’une commission intergouvernementale destinée à renforcer les échanges commerciaux et la coopération économique entre les deux pays, avec un accent particulier sur l’énergie, l’agriculture et les infrastructures. Il a également confirmé la poursuite du soutien russe à la formation des forces de défense et de sécurité centrafricaines.
Le ministre russe du Développement économique, Maxim Reshetnikov, a souligné que Moscou privilégie en Afrique des projets conjoints générateurs de valeur, plutôt que l’octroi d’une aide budgétaire directe. La Russie entend ainsi mettre son expertise au service du développement dans plusieurs secteurs.
Dans cette perspective, l’énergie apparaît comme la suite logique de la coopération sécuritaire déjà en place, avec la participation possible d’entreprises russes actives dans les secteurs pétrolier, gazier, minier et du nucléaire civil.
Cette approche s’inscrit dans une stratégie plus large de Moscou visant à renforcer ses relations économiques avec le continent, considéré comme l’un des marchés les plus dynamiques des prochaines décennies. Selon Maxim Reshetnikov, la présence sur les marchés africains constitue un « vecteur stratégique » pour les entreprises russes.