Bousculée par la crise au Moyen-Orient, l’horticulture rwandaise cherche la parade

Espoir Olodo, Agence Ecofin

L’horticulture contribue à environ 9,6 % des recettes agricoles du Rwanda.
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Espoir Olodo, Agence Ecofin

L’horticulture contribue à environ 9,6 % des recettes agricoles du Rwanda.
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Au Rwanda, la diversification est le nouveau mot d’ordre dans le rang des acteurs de l’industrie horticole. Selon les propos de la ministre du Commerce et de l’Industrie, Prudence Sebahizi, relayés la semaine dernière par les médias locaux, le pays des mille collines regarde désormais vers la Chine et l’Inde pour trouver de nouveaux débouchés à ses fruits et légumes frais. « Nous soutiendrons les exportateurs pour pénétrer ces marchés », a-t-elle fait savoir.
Comme dans plusieurs autres pays, la filière agricole rwandaise a été durement frappée par les tensions géopolitiques et perturbations logistiques au Moyen-Orient. L’escalade militaire entre les ÉtatsUnis, Israël et l’Iran depuis fin février a en effet conduit plusieurs pays de la région à fermer ou à restreindre leurs espaces aériens. Cette situation a interrompu de manière soudaine les vols reliant Kigali à des destinations au Moyen-Orient (comme Dubaï aux Émirats arabes unis) qui absorbent la majeure partie de la production d'avocats du pays Est-africain.
« La suspension brutale des vols a perturbé nos récoltes prévues, et les avocats ne peuvent pas être stockés longtemps, car ils sont très périssables […] Le Moyen-Orient n’est plus fiable », estime Annie Justine Uwamahoro, secrétaire générale de l’Association des exportateurs horticoles du Rwanda (HEAR) avant de plaider : « Nous avons besoin de soutien pour accéder à des marchés alternatifs et explorer des garanties financières, telles que l’assurance, afin d’atténuer les risques qui échappent à notre contrôle ».
Pour l’heure, aucun détail supplémentaire n’a été donné par les autorités sur les modalités de cet accompagnement des acteurs pour accéder aux marchés chinois et indiens. Mais cette crise géopolitique apparaît comme un bouleversement majeur pour ces acteurs. Elle vient remettre en question un modèle bien rodé qui consistait à tirer parti de la forte demande en fruits et légumes des pays du Golfe.
Cette stratégie offrait jusqu’ici un environnement très favorable aux exploitants rwandais, et plus largement à ceux d’Afrique de l’Est, qui pouvaient bénéficier sur ces marchés affichant de hauts niveaux de revenu par habitant, de prix au kilogramme comparables, voire supérieurs, à ceux obtenus dans l’Union européenne. Et au-delà des exportateurs, il s’agit d’un nouveau défi pour l’ensemble d’une filière qui pèse de plus en plus dans l’économie agricole rwandaise.
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Les chiffres du National Agricultural Export Development Board (NAEB) montrent que les recettes des exportations horticoles ont augmenté de 15% d’une année sur l’autre pour atteindre 86,06 millions USD (environ 74,6 millions d'euros) en 2024/2025. Les légumes représentent près de 63% de ces recettes, suivis des fruits, notamment les avocats, puis des fleurs coupées. L’horticulture contribue ainsi à environ 9,6% des recettes agricoles totales du pays, qui ont atteint quelque 891 millions USD (environ 772,3 millions d'euros) sur la même période.
Si face à la nouvelle configuration de marché, plusieurs acteurs saluent la réactivité du gouvernement, dans les rangs des analystes, on estime que tout l’impact réel dépendra de la manière dont ces mesures seront mises en œuvre à court et moyen terme par l’ensemble des acteurs. En effet, le pays ne pourra véritablement tirer profit du potentiel de ces destinations qu’à condition de s’aligner sur les normes sanitaires et phytosanitaires (SPS), de construire des réseaux d’affaires et de sécuriser les chaînes logistiques (fret aérien, contrats de long terme).
Espoir Olodo, Agence Ecofin