La liste de produits au transit terrestre prohibé comprend l’huile de cuisson, le riz, le sucre, les produits surgelés, la farine, les tomates en conserve et les pâtes alimentaires.
Le Ghana est l’un des principaux marchés de consommation alimentaire en Afrique de l’Ouest. L'ex-Gold Coast cherche à renforcer son autosuffisance en attirant des investissements privés.
Le gouvernement ghanéen a annoncé la semaine dernière l’interdiction du transit par voie terrestre de plusieurs denrées de base, afin de lutter contre la contrebande.
Selon les détails fournis sur le réseau social X par le ministère des Finances, la liste des produits comprend l’huile de cuisson, le riz, le sucre, les produits surgelés, la farine, les tomates en conserve et les pâtes alimentaires/spaghetti. La mesure s’inscrit selon les autorités dans le cadre des « efforts visant à renforcer les contrôles aux frontières et à traiter les fuites récurrentes de recettes liées au transit de ces marchandises par les postes terrestres ».
« Cette décision fait suite à une réunion entre le ministre [des Finances, Dr Cassiel Ato Forson, Ndlr.], le commissaire par intérim des Douanes, M. Aaron Akanor, et la direction de la Division des douanes de la GRA, tenue pour examiner les récents développements aux frontières du Ghana. À l’issue des échanges, le ministre a ordonné l’interdiction immédiate du transit par voie terrestre d’une sélection de produits, en précisant que ceux-ci devront désormais passer exclusivement par les ports maritimes ghanéens et ne pourront plus entrer ni transiter par le pays via les frontières terrestres », ajoute le communiqué.
Une mesure en faveur des industriels
Alors que le gouvernement a fait de l’accroissement de l’offre alimentaire une priorité et cherche à attirer les investissements privés pour substituer les importations, cette décision entend protéger des industries locales contre la concurrence déloyale. Elle survient dans un contexte où les investissements se multiplient dans le secteur agroalimentaire en pleine expansion.
La semaine dernière, le président John Dramani Mahama inaugurait ainsi une usine construite par le groupe singapourien Olam Agri d’une capacité d’environ 60 000 tonnes de pâtes alimentaires à base de blé (spaghetti, macaroni et autres pâtes courtes).
Basée à Kpone, près de Tema, dans la région du Grand Accra. Elle a nécessité une injection en capital 40 millions USD (environ 34,4 millions d'euros) avec une production destinée exclusivement au marché intérieur. Avec une utilisation optimale de cette capacité, l’entreprise estime qu’elle pourrait réduire d’environ 40 % la dépendance du pays aux importations de pâtes.
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Les données de Trademap indiquent qu’entre 2021 et 2024, le Ghana a importé en moyenne 70 910 tonnes de pâtes alimentaires par an, pour une valeur annuelle moyenne de 35 millions USD (environ 30,1 millions d'euros). Cette unité vient s’ajouter à la minoterie lancée par le groupe en 2012 qui affiche une capacité annuelle d’environ 375 000 tonnes de farine.
Plus récemment en février, GB Foods Africa, filiale africaine de l’Espagnol GB Foods, a ainsi obtenu une concession d’environ 2 428 hectares dans les Afram Plains, dans la région de l’Est, pour y développer une ferme de tomates industrielles. L’objectif est de sécuriser l’approvisionnement en matière première et de soutenir la montée en puissance de sa production locale de concentré de tomate. Le groupe exploite depuis 2023 à Tema, une unité de transformation d’un coût de 5 millions USD (environ 4,3 millions d'euros).
Plus globalement, si la décision du gouvernement est jugée salutaire, plusieurs analystes soulignent que son efficacité à long terme dépendra largement de la coopération avec les pays voisins, en particulier le Togo, afin de limiter les détournements de flux commerciaux et la contrebande transfrontalière. Le Togo, est aujourd’hui le premier importateur de pâtes du continent, un statut lié surtout à son rôle comme plateforme de réexportation et de transit informel vers les marchés voisins, dont le Ghana.