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L’Angola vise 4 milliards d'euros auprès de la Chine pour poursuivre le projet de raffinerie de Lobito

Olivier de Souza, Agence Ecofin

Publié le 26 février 2026 à 16:00

Le projet doit donner naissance à la plus grande installation de raffinage de brut d’Angola, avec une capacité prévue de 200 000 barils par jour.

Le projet doit donner naissance à la plus grande installation de raffinage de brut d’Angola, avec une capacité prévue de 200 000 barils par jour.

DR

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Projet stratégique visant à réduire des importations qui couvrent encore 80 % de la demande pétrolière angolaise, la raffinerie de Lobito doit porter la capacité nationale à 290 000 barils par jour.

Le gouvernement angolais a confirmé le 25 février que Sonangol, la compagnie pétrolière nationale, cherche à mobiliser 4,8 milliards USD (environ 4,06 milliards d’euros) auprès d’investisseurs chinois pour poursuivre la construction de la raffinerie de Lobito. Selon des propos du DG de la société, Sebastiao Gaspar Martins, rapportés par Reuters, une équipe se rendra à Pékin en avril pour engager les négociations. « La prochaine phase de la raffinerie de Lobito est estimée à 4,8 milliards USD, et nous contactons des institutions chinoises avec le soutien du constructeur, également chinois, pour obtenir ce financement ».

Ce montant avait déjà été évoqué en avril 2025, où les autorités discutaient également avec des banques européennes pour mobiliser les ressources nécessaires.

Réduire la dépendance aux importations

Le projet de raffinerie de Lobito, au coût total estimé à entre 5,25 et 5,58 milliards d’euros, est considéré comme stratégique par le gouvernement angolais. Il doit en effet accoucher de la plus grande installation de raffinage du pays, avec une capacité de 200 000 barils par jour (bpj) qui complétera les 90 000 bpj nationaux actuels, assurés entre autres par la raffinerie mise en service l’an dernier à Cabinda. Ces développements illustrent une volonté de réduire la dépendance aux importations de carburants, qui représentaient encore 723,08 millions d’euros au quatrième trimestre 2025, soit 80 % de la demande nationale.

Initialement lancé en 2012, le projet de Lobito a connu de longues phases de suspensions ainsi qu’une restructuration contractuelle, avant sa relance en décembre 2023. Il est mené par Sonangol, avec China National Chemical Engineering (CNCE) comme constructeur et ingénieur principal. À ce jour, le chantier a déjà généré 2 700 emplois, dont 80 % pour des travailleurs locaux. La phase prioritaire de production est prévue pour juillet 2027, suivie d’une période de tests de cinq mois, puis d’un démarrage initial de production d’essence, de naphta et de gasoil en décembre 2027. Sonangol a déjà investi plus de 1,18 milliard d’euros sur fonds propres, dont 279,3 millions d’euros pour des équipements à long délai de fabrication.

Un tournant financier vers des prêts non adossés au pétrole

Non adossé au pétrole, le financement recherché auprès de la Chine rompt avec le modèle historique de prêts qui a soutenu la reconstruction post-guerre civile pendant plus de dix ans. Ce choix reflète une volonté de l’Angola de mieux maîtriser ses finances, malgré le coût plus élevé de la dette. Les derniers prêts chinois adossés au pétrole représentaient encore près de 28 % du PIB en 2024. La sortie de l’OPEP la même année illustre également une priorité donnée à la mainmise nationale sur la production et les exportations.

L’opération prend une dimension symbolique. En cas de succès, ce serait le premier prêt majeur accordé par Pékin à Luanda depuis sept ans, après une période de réduction progressive des dettes adossées au pétrole. Le service d’une dette plus coûteuse impose cependant une discipline budgétaire stricte, surtout à l’approche des élections de 2027.

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Le projet de raffinerie de Lobito illustre le pari stratégique de l’Angola, qui est de sécuriser son approvisionnement énergétique et de renforcer sa souveraineté financière, tout en devenant un acteur clé du marché. Le prêt chinois, s’il est accordé, lui offrira les moyens de mener à bien ses projets d’infrastructure et de développement industriel.

Olivier de Souza, Agence Ecofin

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