Muni d’un casque et de mitaines à bord de son véhicule à deux roues, Douglas Anane marque un stop dans une station de recharge pour faire le plein de sa batterie, impératif pour démarrer sa journée, lui, qui dessert majoritairement la zone nord et nord-ouest de Nairobi. Il y a encore cinq mois, ce conducteur de « boda boda » – comme on les appelle en Afrique de l’Est – utilisait une moto à fioul. Mais depuis qu’il travaille avec un véhicule à énergie électrique, il dit voir la différence. « Je n’ai besoin de faire le plein qu’une à deux fois par jour, il en fallait plus avec la moto à fuel », confie-t-il, assurant voir ses gains augmenter. Comme lui, ils sont désormais plus de 50 000 hommes et femmes à avoir troqué le véhicule à gasoil ou à essence contre le véhicule électrique pour faciliter le transport des riverains et engranger des revenus. Derrière cette dynamique : Spiro, une entreprise basée au Kenya et soutenue par l’homme d’affaires indien Gagan Gupta, via sa société d’investissement Equitane. « Notre but est contribuer à développer une mobilité abordable et qui réponde aux enjeux climatiques de l’heure », déclare Kaushik Burman, CEO de Spiro qui, pour accélérer sa stratégie, vient d’ailleurs de lever 100 millions de dollars auprès du Fonds pour le développement des exportations en Afrique (FEDA), filiale d’Afreximbank.
Ces dernières années en effet, la planète tente une course contre la montre, face à l’accélération des changements climatiques. Transition énergétique oblige, la mobilité électrique devient un « must », avec en toile de fond l’Accord de Paris auxquels les pays doivent se conformer. Selon l’Agence international de l’Energie, environ 14% des véhicules neufs vendus dans le monde en 2024 étaient électriques, toutes formes confondues. Si en Europe, la France, l’Allemagne ou les Pays-Bas se démarquent, la Chine -en Asie- reste le leader mondial y compris en termes de volume de ventes. En Afrique, les pays de l’Est, mais aussi ceux du Nord qui investissent considérablement dans les énergies renouvelables -comme le Maroc- poussent également leurs pions pour se positionner en référence.