Mamadou Sangafowa-Coulibaly, ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie et Mohamed Arkab, ministre algérien de l’Énergie et des Mines, lors de la signature de l’accord de coopération à Alger.
Photo DR
Hydrocarbures, mines, énergie : Alger et Abidjan posent un cadre pour accélérer leur coopération
Dans un contexte de tensions énergétiques mondiales et de recomposition des chaînes d’approvisionnement, les pays africains cherchent à renforcer leurs capacités industrielles et à mieux valoriser leurs ressources, en misant sur des partenariats structurés.
L’Algérie et la Côte d’Ivoire ont conclu, le 28 mars dernier, à Alger, un accord de coopération d’envergure dans les secteurs des hydrocarbures, des mines et de l’énergie, marquant une nouvelle étape dans le renforcement de leurs relations bilatérales.
Signé par le ministre algérien de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, et son homologue ivoirien Mamadou Sangafowa-Coulibaly, le texte établit un cadre juridique et institutionnel destiné à structurer les échanges, stimuler les investissements et favoriser le développement de projets conjoints sur l’ensemble de la chaîne de valeur.
Chaîne de valeur
L’accord couvre l’ensemble des activités liées aux hydrocarbures, de la recherche et de l’exploration au raffinage, à la pétrochimie, ainsi qu’au transport et à la commercialisation des produits pétroliers. Il englobe également le développement de projets gaziers, notamment dans le gaz naturel liquéfié (GNL), et le renforcement des infrastructures de transport et de stockage. Dans le secteur minier, la coopération vise l’exploration, l’exploitation et la valorisation des ressources, avec un accent sur la transformation locale et la diversification économique.
Le partenariat intègre par ailleurs des volets liés à la digitalisation, à la sécurité industrielle et à la protection de l’environnement, notamment en matière de réduction des émissions. Il prévoit aussi des programmes de formation, des échanges d’expertise et un transfert de compétences, en s’appuyant sur les institutions spécialisées et les entreprises publiques, dont Sonatrach.
Un groupe de travail conjoint sera chargé d’en assurer le suivi, coordonner les actions et identifier des projets prioritaires, pour en assurer la mise en œuvre.
Une coopération fondée sur les complémentarités
La signature intervient dans le cadre d’une visite de travail du ministre ivoirien en Algérie, dans la continuité de concertations engagées en 2024. Elle s’inscrit dans une volonté de renforcer les partenariats africains et de promouvoir une coopération Sud-Sud dans des secteurs stratégiques pour le développement. Les deux pays entendent s’appuyer sur des complémentarités économiques, techniques et industrielles pour structurer des projets conjoints et renforcer leurs capacités locales.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.
Cette coopération repose sur l’expérience algérienne dans les hydrocarbures, avec une production annuelle de plus de 100 milliards de mètres cubes de gaz naturel et environ un million de barils de pétrole par jour. Le pays dispose de réserves importantes et d’un cadre institutionnel structuré autour d’agences spécialisées et d’une entreprise nationale intégrée, Sonatrach, qui couvre l’ensemble de la chaîne de valeur et développe des partenariats internationaux, notamment dans les technologies avancées et les services techniques.
En parallèle, la Côte d’Ivoire connaît une progression dans les secteurs minier et énergétique. La production d’or a fortement augmenté au cours de la dernière décennie et le pays dispose d’un potentiel diversifié en minerais stratégiques, avec un secteur minier représentant environ 5 % du PIB et près de 13 % des exportations. Dans les hydrocarbures, des découvertes récentes devraient porter la production à 200 000 barils par jour à l’horizon 2028, soutenant le développement d’infrastructures et l’attractivité du cadre réglementaire pour les investisseurs.
L’accord ouvre ainsi des perspectives de coopération structurée, mais sa concrétisation dépendra de la capacité des deux pays à traduire ce cadre en projets opérationnels.