Une fois approuvé par le CA du FMI, l'accord permettra au Togo d’accéder à 80,74 millions de Droits de tirages spéciaux (DTS), soit environ 95,2 millions d'euros.
Alors que plusieurs économies africaines voient leurs marges budgétaires se réduire sous l’effet des tensions géopolitiques internationales et de la hausse des coûts énergétiques, le Togo vient d’obtenir un nouveau signal de confiance du FMI. Mais derrière la validation de son programme économique, l’institution met en garde contre les fragilités persistantes d’un modèle encore fortement exposé aux chocs extérieurs.
Le Fonds monétaire international a annoncé avoir conclu un accord au niveau des services avec les autorités togolaises sur les troisième et quatrième revues du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC). Une fois approuvé par le Conseil d’administration du FMI, cet accord permettra au pays d’accéder à 80,74 millions de Droits de tirages spéciaux (DTS), soit environ 110,8 millions USD (environ 95,2 millions d'euros). Le total des décaissements atteindrait alors 302,2 millions USD depuis le lancement du programme.
Preuve de résilience
Au-delà du financement, le FMI valide surtout la trajectoire budgétaire suivie par Lomé dans un environnement international devenu plus complexe. Selon l’institution, « l’économie togolaise a continué de faire preuve de résilience malgré une conjoncture mondiale et nationale difficile ». En 2025, le PIB réel aurait progressé d’environ 6%, porté principalement par les services, tandis que l’inflation s’est modérée.
Le FMI souligne également que « les résultats budgétaires ont été solides », avec un déficit public ramené à 3,2% du PIB grâce à une maîtrise des dépenses publiques malgré des recettes inférieures aux attentes. Cette performance intervient alors que plusieurs pays africains peinent à contenir l’alourdissement de leurs charges budgétaires sous l’effet du renchérissement des importations énergétiques et des coûts de financement.
Mais l’institution de Bretton Woods avertit déjà que cette dynamique pourrait être fragilisée en 2026. Le communiqué évoque « un ralentissement temporaire de l’activité et une hausse de l’inflation », largement attribués « aux répercussions de l’intensification des tensions géopolitiques mondiales, en particulier le conflit au Moyen-Orient ».
Pour le Togo, comme pour de nombreuses économies importatrices nettes d’énergie, la flambée des prix du pétrole et des denrées alimentaires constitue désormais un risque macroéconomique majeur. Le FMI estime ainsi que « la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, ainsi que leur volatilité, pourraient accroître l’inflation et les pressions sociales ».
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Quels sont les vrais points de vigilance ?
Derrière les indicateurs jugés satisfaisants, le FMI insiste sur plusieurs vulnérabilités structurelles qui continuent de peser sur l’économie togolaise. L’institution appelle notamment à poursuivre l’assainissement des finances publiques afin de garantir la soutenabilité de la dette.
Les autorités togolaises se sont engagées à ramener le déficit budgétaire à 3% du PIB d’ici à 2027, notamment grâce à une stratégie renforcée de mobilisation des recettes fiscales. Mais dans le même temps, le FMI insiste sur la nécessité de préserver les dépenses sociales afin d’éviter qu’un ajustement budgétaire trop brutal ne fragilise davantage les populations les plus vulnérables.
Le secteur énergétique apparaît également comme l’un des principaux foyers de risque. Le FMI estime que « rendre les entreprises publiques plus performantes, en particulier dans le secteur de l’énergie, reste une priorité pour contenir les pressions fiscales et améliorer la prestation des services ».
Cette question dépasse largement le seul cas togolais. Dans plusieurs pays africains, les subventions énergétiques, les déficits des compagnies publiques et la dépendance aux importations de carburants continuent de fragiliser les équilibres budgétaires. Pour Lomé, l’enjeu consiste désormais à maintenir la stabilité macroéconomique tout en accélérant les réformes capables de soutenir une croissance davantage tirée par le secteur privé.
Le FMI salue à ce titre les avancées enregistrées dans les réformes structurelles. Selon l’institution, sept des huit repères structurels fixés depuis la deuxième revue ont été atteints, notamment en matière de transparence budgétaire, de gestion des finances publiques et de supervision des entreprises publiques.