Air Algérie : premier Airbus A330-900neo, sur une commande de dix appareils
Idriss Linge, Agence Ecofin

La commande ferme d’Air Algérie porte actuellement sur dix Airbus A330-900neo.
Air Algérie
Idriss Linge, Agence Ecofin

La commande ferme d’Air Algérie porte actuellement sur dix Airbus A330-900neo.
Air Algérie
Le premier Airbus A330-900neo d’Air Algérie a atterri jeudi à l’aéroport international Houari-Boumediene, en provenance directe des chaînes d’assemblage d’Airbus à Toulouse. Immatriculé 7T-VTA et baptisé « Novembre 54 », l’appareil symbolise le coup d’envoi d’un renouvellement long-courrier très attendu, dans un contexte de forte concurrence régionale et de reprise post-Covid.
Omar Ali Adib, Senior Vice President Customers de Rolls-Royce, a commenté cette étape : « C’est un honneur pour nous d’équiper la nouvelle génération de gros-porteurs d’Air Algérie avec nos moteurs Trent 7000. Depuis plus de 70 ans, la compagnie aérienne est fière de desservir l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient. Aujourd’hui, elle élargit sa portée mondiale en se tournant vers l’Asie et au-delà. L’arrivée de l’A330neo marque le début d’un nouveau chapitre dans cette aventure ; celui de l’efficacité, de la durabilité et de l’ambition. »
La commande ferme actuelle porte sur dix Airbus A330-900neo, avec des livraisons échelonnées jusqu’au milieu de l’année 2027. Initialement annoncée en juin 2023 pour sept gros-porteurs (cinq A330-900 et deux A350-1000), elle a été rapidement révisée début 2025 : les deux A350-1000 ont été convertis en A330-900 supplémentaires, portant le total à huit appareils en commande ferme. L’accord a depuis été porté à dix exemplaires, intégrant probablement des options exercées et des ajustements liés aux slots de production. Ce choix reflète une volonté claire de standardisation autour d’un seul type de long-courrier, réduisant ainsi les coûts de formation des équipages et de maintenance.
Le calendrier actualisé prévoit quatre appareils d’ici la fin de 2025 (dont le premier a déjà été livré), puis un rythme soutenu en 2026 et 2027 pour atteindre les dix unités en milieu d’année 2027. Des leases temporaires complètent le dispositif pour assurer la transition sans rupture de capacité.
Rolls-Royce explique que ses moteurs Trent 7000 permettent à l’A330-900neo d’offrir 14 % de consommation de carburant en moins par siège par rapport au Trent 700 de l’A330ceo, une réduction de 6 décibels du bruit et une compatibilité totale avec le carburant d’aviation durable (SAF) à 100 %. L’autonomie portée estimée à 13 300 km s’aligne sur l’ambition d’Air Algérie de desservir, sans escale, des destinations comme Pékin, Guangzhou, Montréal ou Johannesburg, tout en diminuant sensiblement les coûts d’exploitation et l’empreinte carbone – un impératif dans un contexte où le transport aérien africain fait face à des pressions réglementaires et financières croissantes.
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L’intégration progressive des dix A330-900neo remplacera les A330-200 actuels et soutiendra une politique volontariste d’ouverture de lignes. Les premiers exemplaires neufs seront prioritairement affectés aux routes à forte demande (Paris, Montréal, Dubaï, Istanbul) avant d’inaugurer ou de densifier les dessertes asiatiques (Pékin dès fin novembre 2025, Guangzhou en 2026) et les dessertes africaines subsahariennes.
Air Algérie, qui a lancé la destination N’Djamena le 21 octobre 2025, prévoit d’ajouter Addis-Abeba, Libreville et Luanda dans les prochains mois, avec l’objectif affirmé de doubler son réseau africain d’ici 2028.
Ce développement s’inscrit dans une concurrence régionale accrue avec Royal Air Maroc, EgyptAir, Ethiopian Airlines ou encore les low-cost long-courriers du Golfe. Alger ambitionne de devenir un hub de transit entre l’Europe, l’Afrique subsaharienne et l’Asie, en tirant parti de sa position géographique et de l’importante diaspora algérienne en Europe et au Canada.
Le plan global de modernisation, lancé en 2023 et validé au plus haut niveau de l’État, porte sur quinze à dix-huit nouveaux appareils selon les annonces : dix A330-900neo, huit Boeing 737 MAX 9 (livraisons à partir de 2027) et quinze ATR 72-600 pour le domestique et le régional via la future filiale Domestic Airlines. L’objectif à l’horizon 2030 : une flotte de 70 à 80 avions, plus jeune (âge moyen divisé par deux), plus économe et capable de supporter une croissance du trafic à deux chiffres.
Derrière cette modernisation se cache une nécessité vitale : rattraper le retard accumulé pendant la pandémie, répondre à la demande croissante de la diaspora et des touristes, et contrer l’érosion de parts de marché face à la concurrence étrangère sur les axes Europe-Maghreb et Europe-Afrique.
Idriss Linge, Agence Ecofin