Le projet prévoit entre autres la reconfiguration de l’axe Nairobi - Thika en corridor à forte capacité, la modernisation des gares et le développement d’échangeurs multimodaux.
Au Kenya, le gouvernement s’appuie de plus en plus sur le ferroviaire pour fluidifier le transport urbain. Entre extension des lignes existantes et nouveaux projets, le rail revit dans la première économie d’Afrique de l’Est.
La Banque mondiale étudie actuellement la possibilité d’octroi d’un prêt de 500 millions USD (environ 432,1 millions d'euros) pour le chantier de mise à niveau du réseau de trains de banlieue de la capitale kényane, Nairobi. Entrant dans le cadre du projet « Nairobi Commuter Rail Upgrade », ce financement doit contribuer à un programme d’investissement estimé à 1,7 milliard USD (environ 1,469 milliard d'euros) et porté par le gouvernement kényan et ses partenaires.
Concrètement, le projet prévoit la reconfiguration de l’axe Nairobi-Thika (environ 57 km) en corridor ferroviaire urbain à forte capacité, la modernisation des gares et stations, le développement d’échangeurs multimodaux, ainsi que la mise à niveau des systèmes de signalisation et de télécommunications. Des investissements sont également prévus dans les services supports (billetterie, ateliers de maintenance, organisation de l’exploitation entre autres) afin d’améliorer la qualité de service et la sécurité.
Parallèlement au financement des infrastructures, l’institution financière appuiera des études de faisabilité et des travaux de conception ainsi qu’une assistance technique sur les opportunités de financement carbone. Selon les détails relayés par l’Agence Ecofin, l’approbation du prêt par le Conseil d’administration de la Banque mondiale est envisagée pour décembre 2026.
Un paysage ferroviaire urbain en pleine recomposition
Un soutien financier de la Banque mondiale donnerait un coup de pouce au pays Est-africain, qui souhaite densifier son maillage ferroviaire et répondre aux défis de la congestion urbaine. En septembre 2025, le Kenya a ainsi relancé le service de train de banlieue de Mombasa après des travaux de modernisation. Longue de 16,6 km (dont 2,8 km de tronçon neuf et 13,8 km rénovés), la ligne relie désormais le quartier central des affaires à d’autres pôles urbains, et vise à transporter environ 4 000 passagers par jour, réduisant sensiblement le temps de trajet par rapport à la route.
Parallèlement, le pays avance aussi sur les autres composantes de son système de transport urbain. Sur le volet du bus à haut niveau de service (BRT), Nairobi a signé début mars un accord avec la coentreprise sud-coréenne YOUNGJIN pour la construction de la ligne 5, qui doit s’intégrer au réseau routier urbain. Ces récents développements viennent s’ajouter au projet d’extension du rail à écartement standard (SGR) de Navaisha à Kisumu dans l’Ouest du pays.
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Les travaux de la première phase du projet comprennent entre autres 79 ponts ferroviaires représentant au total 43 km de linéaire, et leur démarrage est attendu pour ce mois, avec un objectif d’achèvement fixé à juin 2027. Une telle initiative devrait renforcer l’importance du SGR comme colonne vertébrale du rail inter-urbain moderne du pays. Selon les données du Bureau kenyan des statistiques (KNBS), le SGR a transporté 2,7 millions de passagers en 2025, contre 2,4 millions en 2024.
Les recettes générées par le service ont atteint environ 165,8 millions USD (environ 143,3 millions d'euros) l'année écoulée, contre 139,5 millions USD (environ 120,6 millions d'euros) un an plus tôt.
Une ambitieuse politique d'infrastructures
Dans la première économie d’Afrique de l’Est, l’offensive dans le ferroviaire s’aligne sur une stratégie globale de développement des infrastructures. Le Parlement a adopté début mars, le projet de loi créant le National Infrastructure Fund (NIF), un nouvel instrument financier destiné à soutenir le financement des grandes infrastructures stratégiques du pays. Il doit permettre de mobiliser près de 5 000 milliards de shillings, soit environ 33,4 milliards d’euros, sur la prochaine décennie pour de grands projets (transport, énergie, eau, numérique).
L’un des principaux objectifs des autorités est de réduire la dépendance au financement par la dette publique classique pour ce type de besoins d'investissement, en attirant davantage de capitaux privés et institutionnels via des mécanismes de type fonds, PPP et instruments de marché.