Cuivre : au cœur de la rivalité Chine–États-Unis, la Zambie veut attirer davantage d’investisseurs

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

La mine de cuivre Mopani, en Zambie.
DR

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

La mine de cuivre Mopani, en Zambie.
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La Zambie multiplie les démarches pour attirer des investisseurs internationaux afin de développer son industrie cuprifère. Le gouvernement cherche à mobiliser de nouveaux capitaux pour porter la production nationale à 3 millions de tonnes d’ici 2031, ce qui ferait du pays un des principaux producteurs mondiaux de ce métal.
Selon les propos du ministre des Mines Paul Kabuswe, relayés cette semaine par Reuters, Lusaka mène actuellement des discussions avec plusieurs partenaires étrangers dans le cadre de cette stratégie. Il a indiqué que les États-Unis font partie des pays concernés, sans donner de détails sur l’état d’avancement des pourparlers, ni préciser les autres partenaires.
Le gouvernement insiste sur la nécessité de conclure des accords équilibrés avec les investisseurs. « La Zambie reste très vigilante lorsqu’elle s’assoit à la table des négociations sur n’importe quel sujet […] Cela doit être une situation gagnant-gagnant pour la Zambie comme pour les investisseurs », a déclaré le ministre.
L’ambition de tripler la production nationale de cuivre d’ici 2031 n’est pas nouvelle. Elle constitue l’un des piliers de la stratégie économique du gouvernement zambien depuis plusieurs années.
Deuxième producteur africain derrière la République démocratique du Congo (RDC), la Zambie cherche à renforcer sa position dans l’industrie mondiale du cuivre et à tirer davantage profit de la hausse de la demande pour ce métal indispensable à la transition énergétique.
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La trajectoire envisagée repose sur plusieurs étapes intermédiaires. Les autorités espéraient franchir le seuil du million de tonnes dès 2025, première étape vers l’objectif final. Malgré une progression de 8% des volumes, ce cap n’a pas encore été atteint, les autorités ayant rapporté une production de 890 346 tonnes pour l’année écoulée.
La performance a été portée par les gains enregistrés sur les mines Mopani de l’émiratie International Resources Holding et Konkola de la multinationale basée à Londres Vedanta Resources. La mine Kansanshi, exploitée par le canadien First Quantum, a également vu sa production progresser de 5 %.
La nouvelle sortie du ministre intervient alors que plusieurs entreprises internationales ont accru leur présence dans le cuivre zambien ces dernières années. Sur la mine Konkola, Vedanta prévoit de porter la production à 300 000 tonnes par an d’ici 2031 contre 140 000 tonnes attendues pour l’exercice 2026, grâce à un investissement supplémentaire de 1,5 milliard de dollars.
Fin 2023, le géant minier Barrick a aussi annoncé un projet d’investissement de près de 2 milliards de dollars pour doubler la production cuprifère sur sa mine de Lumwana, à environ 240 000 tonnes. D’autres compagnies comme le chinois JCHX ou encore l’américain KoBold Metals (soutenu par des milliardaires comme Jeff Bezos et Bill Gates) ont également présenté des plans pour se positionner dans le secteur.
Alors que la rivalité stratégique entre les États-Unis et la Chine s’intensifie autour des minerais critiques nécessaires aux technologies de pointe et à la transition énergétique, le potentiel cuprifère de la Zambie place le pays dans le cercle des nations courtisées par les grandes puissances qui veulent sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement.
Malgré cet intérêt croissant, Lusaka doit encore surmonter plusieurs obstacles pour concrétiser ses ambitions dans le cuivre et les voir se traduire par un impact durable sur son économie. Parmi ces défis figurent notamment la capacité du pays à maintenir un cadre réglementaire stable, mais aussi des questions structurelles comme la disponibilité de l’électricité pour l’industrie minière.
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin