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Nouveau rachat d’eurobonds : le Kenya veut gagner du temps face au poids de sa dette

Agence Ecofin

Publié le 16 juillet 2026 à 17:00

Le gouvernement de William Ruto poursuit sa stratégie de refinancement de la dette kényane.

Le gouvernement de William Ruto poursuit sa stratégie de refinancement de la dette kényane.

Photo DR

Le Quotidien Numérique

17 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Après plusieurs années d’emprunts pour financer son développement, le Kenya consacre désormais une part importante de ses ressources au service de la dette. Nairobi cherche à étaler cette charge, tout en mettant en place de nouveaux outils pour financer sa croissance autrement.

Le Kenya envisage de racheter jusqu’à 500 millions de dollars (environ 438 millions d’euros) d’eurobonds au cours de l’exercice budgétaire qui s’achèvera en juin 2027, selon des sources proches du dossier citées cette semaine par Bloomberg. Si elle se confirme, l’opération conduirait Nairobi à emprunter de nouveau pour rembourser par anticipation une partie de ses anciens titres et en repousser les échéances.

Selon le média, le montant effectivement racheté dépendra de l’intérêt des investisseurs, tandis que les éventuels fonds excédentaires pourraient être affectés au financement du budget. Aucune décision définitive n’a encore été prise et les modalités de l’opération pourraient évoluer.  

Refinancer la dette sous une forte contrainte budgétaire

Ce nouveau projet constituerait le quatrième rachat d’eurobonds réalisé par le Kenya en deux ans. Depuis 2024, le pays multiplie les opérations de refinancement afin de remplacer des titres arrivant à échéance par de nouvelles obligations remboursables plus tard.

En février 2026, Nairobi a ainsi levé 2,25 milliards de dollars au moyen d’une émission en deux tranches, destinée à refinancer une partie de sa dette et à couvrir son déficit budgétaire. Le Kenya avait auparavant émis 1,5 milliard de dollars en 2024, puis mobilisé 3 milliards en 2025 pour racheter certains titres et financer son budget. Le gouvernement a également négocié avec la Chine le réaménagement en yuans d’une partie de ses prêts jusque-là libellés en dollars.

Le recours répété au refinancement intervient dans un contexte budgétaire contraint. Selon les documents officiels, le Kenya consacre davantage de ressources au service de sa dette qu’aux secteurs de la santé et de l’éducation réunis. Le Fonds monétaire international (FMI) classe par ailleurs le pays parmi les économies présentant un risque élevé de surendettement.

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À la fin de mars 2026, la dette extérieure du Kenya atteignait 43,7 milliards de dollars, selon les données du Trésor. Sur ce montant, 15,3 milliards de dollars étaient dus à la Banque mondiale, 10,6 milliards de dollars aux détenteurs d’eurobonds et près de 4,69 milliards de dollars à la Chine.

Gagner du temps pour financer la croissance autrement

Le Kenya n’est pas le seul pays africain à profiter de l’amélioration des conditions de marché pour réorganiser sa dette. En mai, l’Angola a mené une opération similaire sur ses obligations arrivant à échéance en 2028 et 2029. La République du Congo a également procédé au rachat d’une partie de ses titres.

Pour Nairobi, cette fenêtre de marché pourrait surtout offrir un répit, alors que le gouvernement cherche parallèlement à réduire sa dépendance future à l’endettement public.

En mars dernier, le Parlement a adopté un projet de loi portant création du National Infrastructure Fund, destiné à mobiliser des capitaux publics et privés pour financer les transports, l’énergie, l’eau, l’irrigation et la connectivité numérique. Le mécanisme vise à faire évoluer le financement des infrastructures d’un modèle principalement fondé sur la dette vers une approche reposant davantage sur l’investissement.

Le Kenya vient également de se doter d’un fonds souverain chargé de gérer une partie des futurs revenus pétroliers et miniers. Ce véhicule doit financer la stabilisation économique, des investissements stratégiques et une réserve destinée aux générations futures.

Ces instruments pourraient aider le pays à diversifier ses sources de financement, mais leurs effets ne seront pas immédiats. Dans l’intervalle, Nairobi reste dépendant des marchés pour repousser certaines échéances et préserver ses marges budgétaires.

Agence Ecofin

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