Depuis l’incendie de la raffinerie de la Sonara en mai 2019, le Cameroun n'a plus de capacités de raffinage et dépend largement des importations de carburants.
Quelques semaines après son lancement, le projet Kribi Port Industrial Zone commence à se concrétiser. La plateforme industrielle doit notamment accueillir une raffinerie et un dépôt pétrolier, deux infrastructures destinées à renforcer l’écosystème énergétique du port.
Le projet de construction d’une raffinerie et d’un terminal pétrolier à Kribi, dans le sud du Cameroun, se précise. Selon des informations publiées par Investir au Cameroun, les études techniques et financières menées par la société CSTAR - une coentreprise entre la Société nationale des hydrocarbures (SNH), sa filiale Tradex et l’émirati Ariana Energy - ont permis d’estimer l’investissement total à 540 milliards FCFA (environ 823,2 millions d'euros), dont 372 milliards FCFA (environ 567,1 millions d'euros) pour la raffinerie et 168 milliards FCFA (environ 256,1 millions d'euros) pour le dépôt pétrolier.
Implantée sur 250 hectares dans la zone industrialo-portuaire de Kribi, la raffinerie sera financée par Ariana Energy (49%), Tradex S.A. (31%) et la Société nationale des hydrocarbures (20%), avec un appui bancaire de 120 milliards FCFA (environ 182,9 millions d'euros) mobilisé par BGFIBank.
Le calendrier prévoit la finalisation des études FEED - (Front-End Engineering Design) - en juin 2026, suivie de l’acheminement des équipements en septembre et d’un démarrage de la production envisagé autour du 25 décembre. La capacité initiale est fixée à 10 000 barils par jour, avant une montée en régime à 30 000 barils par jour à partir de 2027. Selon les promoteurs, cette production anticipée pourrait couvrir environ 22 % de la demande nationale en diesel et en essence dès 2026.
Réduire la dépendance aux importations
Le projet s’inscrit dans un contexte particulier pour le Cameroun. Depuis l’incendie de la raffinerie nationale Sonara en mai 2019, le pays ne dispose plus de capacités de raffinage et dépend largement des importations de carburants. Les autorités espèrent que la raffinerie de Kribi permettra d’alléger cette dépendance.
Selon les projections des promoteurs, l’installation pourrait réduire les importations de carburants d’environ 30 % et générer d’importantes économies. Le projet comprend également un terminal de stockage pétrolier doté d’une capacité comprise entre 250 000 et 300 000 m³, destiné à entreposer des produits tels que le gasoil, l’essence, le kérosène ou le jet A1.
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Plusieurs institutions financières ont manifesté leur intérêt pour le financement du projet, parmi lesquelles UBAF, ING ou la Mauritius Commercial Bank, tandis que la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a également évoqué la possibilité d’un accompagnement financier.
Un projet intégré au développement industriel de Kribi
La raffinerie et le terminal pétrolier s’inscrivent dans le cadre du projet de Kribi Port Industrial Zone (KPIZ), officiellement lancé le 26 février 2026. Cette zone industrialo-portuaire, appelée à se déployer sur 4 000 hectares, est portée par une société constituée en partenariat public-privé associant le Port autonome de Kribi (PAK) et plusieurs partenaires privés : Africa Global Logistics (AGL), Arise Integrated Industrial Platforms et Belmont Investments.
Selon Patrice Melom, directeur général du PAK et président du Conseil d’administration de KPIZ, ce projet pourrait générer jusqu’à 150 000 emplois directs et indirects sur 15 ans et contribuer à la croissance économique du pays. L’investissement total prévu pour le développement de la zone industrielle est estimé à 520 milliards FCFA (environ 792,7 millions d'euros).
Le programme comprend notamment des réseaux routiers internes, des infrastructures de services (énergie, eau, assainissement, télécommunications) ainsi qu’un complexe logistique avec entrepôts modulaires et centre d’affaires. À ce stade, 300 hectares sont déjà opérationnels, avec plus de 60 entreprises installées ou en cours d’installation, principalement dans la logistique et des secteurs tels que l’agro-industrie, le ciment, la pétrochimie ou la sidérurgie.
Mis en service en 2018, le port de Kribi revendique 3 422 escales de navires, 93 millions de tonnes de marchandises traitées et 2,15 millions de conteneurs manutentionnés, ainsi que plus de 1 200 milliards FCFA (environ 1,8 milliard d'euros) de recettes douanières générées.