Pétrole : l’Afrique du Sud veut renforcer ses réserves stratégiques

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Les tensions géopolitiques poussent l’Afrique du Sud à augmenter ses réserves stratégiques de pétrole, à un niveau sans précédent depuis l’apartheid.
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Espoir Olodo, Agence Ecofin

Les tensions géopolitiques poussent l’Afrique du Sud à augmenter ses réserves stratégiques de pétrole, à un niveau sans précédent depuis l’apartheid.
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Le gouvernement sud africain veut doter le pays d’un mécanisme plus solide pour amortir les ruptures d’approvisionnement en produits pétroliers. Le projet de politique publié pour consultation publique le 9 juillet par le ministère des Ressources minérales et de l’Énergie (DMRE) prévoit en effet d’imposer aux grossistes et importateurs agréés de constituer des réserves commerciales équivalentes à 21 jours de consommation.
Pendant ce temps, l’État disposerait de stocks stratégiques couvrant 60 jours de demande nationale. Ces réserves publiques seraient composées à environ 70% de pétrole brut, le reste étant constitué de produits raffinés comme le diesel ou le carburant aviation.
Selon les détails relayés par les médias locaux, le Trésor national et la South African National Petroleum Company devraient élaborer conjointement les mécanismes de financement et les garanties nécessaires à l’acquisition ainsi qu’à l’entretien de ces réserves stratégiques.
Il faut dire qu’avec les tensions persistantes au Moyen Orient qui ont ravivé les inquiétudes sur la sécurité des routes énergétiques mondiales, en particulier le détroit d’Ormuz, passage essentiel pour le pétrole et le gaz naturel liquéfié, la nation arc en ciel reste fragile.
Le pays est, selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), le plus grand consommateur de pétrole et d’autres produits dérivés en Afrique subsaharienne. Il a perdu près de la moitié de ses capacités de raffinage ces dernières années, en raison d’accidents et d’un manque d’investissements.
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Une situation qui a accru sa dépendance aux importations de pétrole brut et de carburants finis. Selon les données officielles, l’Afrique du Sud fait face à un déficit d’environ 10 millions de barils dans ses réserves stratégiques et consomme 27 milliards de litres de produits pétroliers par an.
Si pour l’heure ni le coût du programme ni le calendrier de déploiement n’ont été annoncés, cette démarche vient réactiver un projet ancien, resté en sommeil pendant des décennies.
Dans les années 1970, sous l’apartheid, le gouvernement sud africain avait déjà construit des installations souterraines à Saldanha, sur la côte ouest. D’une capacité de stockage de 45 millions de barils, ce terminal implanté sur la côte atlantique avait pour objectif à l’origine de protéger le pays contre les restrictions internationales et les vulnérabilités liées à son approvisionnement pétrolier.
Avec le temps, une partie de ces capacités a cependant été détournée vers des usages commerciaux. Ce nouveau projet gouvernemental devrait ainsi replacer cette infrastructure au centre du dispositif et marquer une nouvelle étape dans le renforcement de la sécurité énergétique du pays, qui veut s’affranchir de la dépendance au charbon en combinant énergies renouvelables et hydrocarbures.
Récemment, en juin, la major américaine ExxonMobil a signé un accord préliminaire pour fournir du gaz naturel liquéfié au futur terminal Zululand Energy Terminal. Ce terminal d’importation, implanté à Richards Bay, doit permettre au pays d’accéder directement aux marchés internationaux du GNL. Le projet évalué à 1 milliard de dollars, soit 875 millions d'euros, sera porté par un consortium associant Vopak Terminal Durban, filiale du groupe néerlandais Royal Vopak, et Transnet Pipelines, l’opérateur public sud africain des infrastructures gazières.
Espoir Olodo, Agence Ecofin